Ennemis de l'histoire
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Âge
Le vieillissement est un processus naturel et inéluctable.
Avec le temps, tous les documents se détériorent.
La détérioration se produit plus ou moins rapidement,
selon les divers facteurs environnementaux et la stabilité
relative des matières premières utilisées
pour créer le document. Cependant, si l’on respecte
des conditions l'entretien appropriées et des pratiques de manipulation
délicates, le processus de vieillissement peut être
ralenti, au point, parfois, d’être presque complètement
interrompu.
Quelquefois, l’âge n’est pas le seul facteur
qui explique l’état d’un objet. Une combinaison
de conditions environnementales et ce que les conservateurs appellent
le «
vice inhérent » (détérioration
liée à l’instabilité des composants
d’un document) déterminent la vitesse de détérioration.
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Par exemple, le segment de film couleur, à gauche,
tiré du film du gouvernement de l’Ontario de
1968 “Going For You”, est gravement déteint
et les couleurs ne sont plus exactes.
Par contre, les couleurs du segment de film, à droite,
réalisé en 1940, quelque 28 ans plus tôt,
sont encore assez fraîches, et montrent peu de signes
de détérioration.
La différence principale est que le
film le plus ancien utilisait peut-être des colorants
et un processus de développement qui étaient
plus stables que ceux qui ont été utilisés
pour le film le plus récent. |

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Collection Irwin
C 92-1-0-37
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Facteurs externes
Les facteurs externes jouent également un rôle majeur
dans le processus de détérioration d’un objet.
L’Institut
canadien de conservation (ICC) a réparti les
facteurs qui contribuent à l’usure des archives en
neuf catégories générales :
- Forces physiques directes
(par exemple, les dommages causés à la suite d’une
chute ou d’un écrasement accidentel)
- Voleurs, vandales et « étourdis »
(ceux qui perdent un objet par inadvertance ou le placent au
mauvais endroit)
- Feu
- Eau
- Parasites, comme les
rongeurs, les insectes et la moisissure
- Contaminants, comme
la pollution de l’air, la poussière et l’huile
- Radiation (lumière,
surtout les rayons ultraviolets (UV)). Elle accélère
la décoloration ou l’assombrissement de tous les
matériaux organiques et de quelques matériaux
inorganiques de couleurs, ainsi que d'autres changements à ces couleurs.
- Température incorrecte
(si elle est trop élevée, les matériaux
se décolorent, et si elle est trop basse, ils se craquellent)
- Humidité relative incorrecte
(si elle est trop élevée, elle cause de la moisissure
et la corrosion des métaux, et si elle est trop basse,
les matériaux se craquellent)
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Il est impératif de faire preuve d’une
vigilance constante pour prévenir les dégâts
causés par ces facteurs externes. La prévention
est le fer de lance de la stratégie de préservation
des Archives. Les conservateurs surveillent les conditions d'entreposage,
élaborent des politiques et des procédures, et conseillent
le personnel sur diverses questions liées à la préservation,
dans le souci de prévenir les dégâts aux collections.
Il est de loin plus rentable d’appliquer des mesures de
prévention que de tenter de réparer les dégâts.
Si des dommages se produisent, les conservateurs interviendront
afin de stabiliser les objets en cause et d’empêcher
le processus de s’aggraver, en appliquant un traitement
ou en créant des enveloppes d’archivage préparées
sur mesure. |
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Forces physiques directes |
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| Le soin de la collection
d’art du gouvernement de l’Ontario
incombe aux Archives publiques de l’Ontario.
Elle se compose de presque 2 500 œuvres originales
exécutées sur différents médiums.
Certaines des œuvres de la collection sont
exposées à l’Assemblée
législative et dans les divers édifices
gouvernementaux de la province. Le personnel des
services de préservation se spécialise
dans les méthodes de conservation de documents
d'archives (principalement le papier, les livres
et les photographies), et administre le traitement
et l’aide nécessaires à ces
médias. Les conservateurs privés spécialisés
dans d’autres domaines, comme les tableaux
ou les sculptures, sont mandatés au besoin
pour traiter les pièces endommagés
ou détériorés.
Une mauvaise manipulation
peut également causer des dommages par inadvertance.
Cette statue de plâtre recouverte de bronze
de Sir George-Étienne Cartier, réalisée
par Louis-Philippe Hébert, a perdu un bras lors
d’une mauvaise manipulation.
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| Un conservateur privé
d’objets façonnés est capable
de rattacher les morceaux cassés comme indiqué
ci-dessous. [Photos par Paul Wilson] |
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| Le traitement des tableaux exige
souvent l’intervention du conservateur spécialisé.
“Redstone Lake, Haliburton”,
le tableau de George J. Prouse exposé ci-dessous,
est une peinture à l’huile sur toile.
À la suite d’une mauvaise manipulation,
une large déchirure d’environ 14 centimètresest apparue au milieu du tableau. |

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Le traitement, au cours duquel il a fallu retisser
les fibres de la toile et repeindre les parties
déchirées, a duré 20 heures.
Le traitement a été exécuté
à l’extérieur par un conservateur
de tableaux. L’image sur la droite représente
le tableau après le traitement. [Photos par
Janice Passafiume] |

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Le risque de dommages causés par une
mauvaise manipulation ou des méthodes d’entreposage
incorrectes augmente exponentiellement avec les objets fragiles
ou les matériaux qui se craquellent comme des négatifs
sur plaque de verre. |
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Feu |
Toutes les collections d’archives sont inflammables.
Certains types d’archives, comme les négatifs photographiques
au nitrate
de cellulose et les films cinématographiques,
sont plus inflammables que d’autres. Le feu peut causer
une perte totale ou partielle, comme dans l’exemple ci-dessous;
il est donc important que les conservateurs des Archives prévoient
des aires d’archivage équipées de systèmes
de détection et d’extinction d’incendies.
La mise à jour du plan d’intervention en cas de
désastre et de récupération est également
l’une des responsabilités du personnel des services
de préservation. La suie, un sous-produit du feu, peut
aussi causer des dégâts graves aux collections.
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| Dans l’exemple ci-dessus, à gauche,
la photographie a presque entièrement souffert de la suie
(sauf la partie inférieure). La suie peut défigurer
des documents et s’ils ne sont pas traités, elle peut
être très difficile à nettoyer. |
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Eau |
L’eau, comme le feu, peut causer la destruction totale
de collections. Un grand nombre de documents subiraient des dommages
graves si ils étaient inondés. La moisissure peut
survenir après 48 heures; il est donc impératif
d’intervenir au plus vite. |

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(115ko) | Les conservateurs des Archives surveillent constamment
les conditions d’archivage, afin de prévenir les
fuites d’eau, et fournissent des conseils en matière
de récupération des documents au personnel des ministères,
dans l'ensemble du gouvernement provincial.
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Parasites
Autre moyen de préserver les dommages aux collections
: empêcher l’incursion de parasites dans les magasins. |
Les trois catégories principales de parasites
sont : les rongeurs, la moisissure et les insectes. Dans l’exemple
sur la droite, des insectes ont mangé le bord du papier
ce qui laissé un motif en dentelle et ils l’ont taché
avec de la sciure et des excréments (matière fécale).
Les conservateurs inspectent les nouvelles collections pour être
sûrs qu’elles ne sont pas infestées. Parfois
les documents sont miss en quarantaine et soumise s à une
fumigation avant d’entrer dans les magasins. Les conservateurs
vérifient continuellement si les magasins montrent des
signes d’infestation. |

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| L’humidité attire les insectes, comme
le lépisme. Les documents d'archives sont une source de nourriture
pour ce genre d’insectes. |
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Poussière |
La poussière est omniprésente. C’est un
contaminant silencieux et très répandu, qui peut
résister aux meilleures défenses.
Cependant, si on ne l’élimine pas, la poussière
peut devenir plus qu’un simple signe embarrassant de mauvais
entretien. |

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pour un agrandissement (159ko) | La poussière peut contenir des polluants aéroportés
qui agissent comme des acides mangeurs de papier, des spores de
moisissure et des particules de nourriture qui attirent les parasites.
Combattre la poussière est l’une des nombreuses fonctions
du personnel des services de préservation des Archives.

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Radiation |
La lumière, en particulier les rayons ultraviolets,
est dangereuse, tant sur le plan de l’intensité que
de la durée d’exposition. Les dommages dus à
la lumière sont cumulatifs et irréversibles. La
radiation peut affaiblir et décolorer les matériaux.
Sur cette aquarelle, la partie de l’image qui n’était
pas protégée de la lumière s’est décolorée.
Un cadre acide de mauvaise qualité a également taché
l’image autour des coins de la fenêtre du cadre. C’est
ce que l’on appelle couramment un brunissement.
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| Si un objet d’une collection doit être
exposé, il est préférable d’en faire
une photocopie et d'exposer la copie. Si l'original est utilisé, il devrait être protégé avec une couche de protection
contre les ultraviolets. Il est également important de ne
pas suspendre l’objet dans la lumière directe. |
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Température incorrecte |
La chaleur est une autre source de détérioration
qui devrait être évitée. Un grand nombre d’archives
se composent de matériaux instables. Le papier fabriqué
après 1850 se compose souvent de pâte mécanique
de défibreur et est apprêté avec
de la colophane
d’alun acide (de la colle est ajoutée
au papier pour éviter que l’encre à écrire
et l’encre d’imprimerie ne s’écaillent).
Les premiers négatifs de photographies sur plastique se
composaient de nitrate
de cellulose ou d’acétate de cellulose.
Malheureusement, ces types de documents
se détériorent naturellement avec le temps, en raison
de l’instabilité inhérente de leurs composants.
La chaleur accélère la vitesse avec laquelle les
réactions chimiques se produisent, ce qui accélère
le processus de détérioration des collections. |
Plus la température est élevée, plus la
détérioration est rapide et extrême.
Sous l’effet de la chaleur, les négatifs en acétate
de cellulose se décolorent, rétrécissent
et se déforment, comme le montre l’image sur la droite.
Le papier brunit souvent et s’effrite. |
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Humidité relative incorrecte |
| Une humidité
relative incorrecte peut causer divers problèmes
de préservation. Des niveaux élevés de vapeur
d’eau dans l’air peuvent contribuer à la corrosion
des métaux, au développement de moisissure et à
la prolifération des insectes. Une humidité relative
basse peut causer le craquellement de certains documents, ce qui
les rend plus délicates. Les conservateurs des Archives
publiques de l’Ontario surveillent les conditions d'entreposage
pour vérifier les fluctuations de l’humidité
relative et collaborent avec le responsable des installations
afin de maintenir des conditions d'entreposage stables. |

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| La photo sur la gauche montre des signes visibles
de dégâts dus à la moisissure, en raison de
l’humidité. Les documents en papier n’ont pas
besoin d’être humides au toucher pour présenter
des signes de détérioration. Des niveaux d’humidité
élevés dans l’air peuvent également causer
des dommages mineurs comme des taches de rouille provenant des attaches
en métal sous l’effet de la corrosion (par exemple,
les taches causées par les trombones sur l’image, en
haut à droite). |
La moisissure se développe
si l’humidité relative excède 75 %, si la
température est élevée, si l’air stagne,
et si une source de nourriture est présente. |

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Tous les formats de documents sont susceptibles d’être
endommagés par la moisissure et cette dernière peut
détruire complètement un document si elle reste
inaperçue.
L’exemple sur la droite montre une émulsion soulevée
(probablement sous l'effet de l’expansion et de la contraction
dues aux fluctuations de température et d’humidité). |

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Obsolescence technologique
L’obsolescence technologique peut également
être ajoutée à la liste ci-dessus, en particulier
depuis l’arrivée de l’ère numérique.
Les Archives reçoivent de plus en plus de documents électroniques
dans le cadre de transferts de documents gouvernementaux ou de
dons privés.
Les documents électroniques soulèvent de nouveaux
problèmes de préservation. Comme les documents sur
papier, l’information électronique est contenue dans
un médium qui exige un entreposage sûr et une manipulation
délicate. Cependant, contrairement au papier, qui n’exige
pas de matériel spécial pour accéder aux
renseignements enregistrés, il faut un matériel
spécial pour pouvoir récupérer et décoder
les informations électroniques. Chaque nouvelle génération
de matériel utilisé pour lire des informations électroniques,
devient obsolète à un rythme sans précédent
(comme le savent tous ceux qui possèdent des fichiers illisibles
sur une disquette de 5 pouces).
De même, les fichiers électroniques
peuvent exister dans des applications et des formats obsolètes,
comme Word Star. En vue de préserver les informations électroniques,
de sorte qu’elles soient accessibles par les générations
futures, les Archives doivent surveiller les progrès technologiques
et élaborer des stratégies en vue de transférer
les données électroniques vers les nouvelles technologies
au fur et à mesure de leur apparition sur le marché. |
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Parmi les objets figurant ici, on trouve un certain
nombre de formats numériques : des objets obsolètes
(p. ex., le chargeur de disques en haut à gauche, la carte
de pointage en bas à gauche), des objets « à
risque » (p. ex., le ruban à neuf pistes, devant
à droite), en passant par les objets relativement courants
(disque compact et disque CD-R, devant, au centre). Aucun de ces
formats n’a plus de 20 ans, ce qui est vieux dans le milieu
de la technologie, mais pas nécessairement d’après
les besoins de l’information qu’ils contiennent. Ces
formats étaient tous des produits avant-gardistes à
leur époque. Sauf le disque compact et le CD-R, qui sont
toujours utilisés aujourd’hui des formats patri moniaux,
dont le contenu doit être copié sur de nouveaux formats
médiatiques.
Par contre, le film 16 millimètres et la bobine d'un quart de pouce au
centre de l'illustration sont des formats qui ont été
utilisés pendant de nombreuses années, et pour les
quels l'equipement de lecture existe toujours. |
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