« Les légendes, comme outil de médiation, permettent un contact entre l’image et la personne qui la regarde. »
Clive Scott, The Spoken Image: Photography & Language |
|
omme la plupart des établissements archivistiques, les Archives publiques de l’Ontario reçoivent constamment des images qu’elles ne commandent pas. Les photographies présentées ici proviennent de dossiers devenus inactifs au sein de nombreux ministères. Souvent, des années s’écoulent entre la création d’une photo et son acquisition par les Archives publiques. De plus, la quantité d’information accompagnant chaque image peut grandement varier; parfois elle est accompagnée d une longue légende, et parfois, il n’y a rien du tout.
|
Cependant, lorsque les images arrivent aux Archives publiques, l’information qui les accompagne est entièrement et systématiquement vérifiée, et complétée si possible. Les archivistes et les chercheurs indépendants peuvent établir de nouveaux liens dans le cadre de leur travail ou, comme c’est le cas pour la présente exposition, les images sont présentées au public, ce qui augmente les chances qu’une personne reconnaisse les lieux, les sujets ou les photographes. Les commentaires de cette nature sont, bien sûr, les bienvenus.
Le dilemme du manque de métadonnées auquel, les Archives font face (avec diverses stratégies) peut être attribué en partie à la notion qu’une photographies « est évidente en elle-même », notion qui a été dominante pendant la majeure partie de l’histoire du médium. On a eu tendance à considérer les photographies comme des documents possédant des significations intrinsèques et universelles que l’on peut tour simplement « lire » dans l’image.
On peut à ce sujet souligner que dans The Commercial Photographer, un guide exhaustif et influent de 1920 sur tous les aspects du travail du photographe commercial à l’époque, l’auteur L. G. Rose ne donnait pas pour instructions aux photographes d’identifier ou de classer leurs négatifs ou photographies. |
![Photographie : North - Cities, towns and villages - Church at Moose Factory, [197? - 198?]](../../../english/on-line-exhibits/aird/pics/28132_moose_factory_church_270.jpg)
Cliquer pour un agrandissement (115ko)
North - Cities, towns and villages -
Church at Moose Factory, [197? - 198?]
Photographe inconnu
Ministère des Transports
Diapositives couleur
Code de référence : RG 14-151-3-99
Archives publiques de l'Ontario, I0028132 |

Cliquer pour un agrandissement (271ko)
Défilé de l’ecole, comté de Lennox et Addington, 1919 (detail)
Photographe inconnu
Ministère de l’Agriculture
Photograhie noir et blanc
Code de référence : RG 16-274-0-0-494
Archives publiques de l'Ontario, I0028465 |
Comme nous savons que la mémoire humaine est une partie intégrale du contexte qui donne un sens à toute image, les métadonnées produites par le créateur d’une image nous aide de façon importante à situer celle-ci dans le temps. Aujourd’hui, les photographes gouvernementaux doivent anticiper le trajet que leurs photographies parcourront de l’état de documents à usage immédiat et spécifique à celui d’œuvres ayant une valeur historique potentielle.
|
 |
Mille mots |
Cette section comprend cinq textes inspirés par des photographies de l’exposition; les photographies ont été choisies par les auteurs des textes.
Un des principaux thèmes qu’explore cette exposition est jusqu’à quel point des renseignements supplémentaires - ou l’absence de renseignements, contribue au sens que nous donnons aux images. C’est dans cet esprit que nous avons demandé à cinq personnes d’âge différent, des deux sexes, avec une expérience d’écriture variée, et de partout en Ontario, de répondre aux images de l’exposition. Nous leur avons demandé d’interpréter les photographies de la façon qu’ils voulaient, du factuel au poétique. Nous leur avons imposé une seule limite - les 1000 mots du proverbe.
Les auteurs sont :
- Martha Baillie, auteure et bibliothécaire, Toronto.
- Mitchell Kingsley, élève de 6e année, Highpoint Community School, Dundalk.
- John Lorinc, auteur et journaliste, Toronto.
- Wendy MacDonald, bibliothécaire, Sioux Lookout.
- John Macfie, ex-employé (retraité) du gouvernement de l’Ontario et auteur, Parry Sound.
Vous êtes invité, à titre de visiteur de cette exposition, à ajouter votre propre texte sur une des images que vous voyez ici, y compris celles choisies par les auteurs des textes. Si cela vous intéresse, envoyez votre texte à athousandwords@ontario.ca une possible inclusion ci-dessous : |
 |
Martha Baillie |

Pins rouges sur la ferme Benner, comté de Norfolk, 1913
E. J. Zavitz
Photographie noir et blanc
Code de référence : RG 1-448-1, 221
Archives publiques de l'Ontario, I0006758 |
Te rappelles-tu la première fois que nous sommes venus ici ? C’est sûr, c’était le même bois. Nous avons marché entre les rangées droites de pins quasi identiques et je sentais qu’on nous conduisait quelque part, inéluctablement, vers une destination prédéterminée. C’était une sensation rassurante, mêlée pourtant d’un peu d’inquiétude, comme si un parent sévère avait, une nouvelle fois, placé la main sur mon épaule pour me prendre en charge.
Tu retiras soudain tes chaussures et tes chaussettes, et te mis à marcher pieds nus sur le tapis . . . [PLUS]
|
 |
Mitchell Kingsley |
![Photographie : Deuxième niveau de la mine Creighton, [vers 1905]](../../../english/on-line-exhibits/aird/pics/4649_creighton_mine_270.jpg)
Deuxième niveau de la mine Creighton, [vers 1905]
Ministère du Développement du Nord et des Mines
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Code de référence : RG 13-30-1-5
Archives publiques de l'Ontario, I0004649 |
Cette photo est particulièrement remarquable ! Elle montre une des principales ressources du Canada qui lentement est en train de disparaître. Je suis subjugué devant les textures du roc, hautement palpables ! Je veux tendre le bras et les toucher. Regardez ce roc… une surface inégale, à la fois toute martelée et lisse. Je me demande comment ils ont fait pour ouvrir cette immense trouée dans la terre.
En s’approchant de plus près, on voit un vide énorme, tout noir. Imaginez l’explosion de dynamite qui a créé cette blessure béante. Je m’interroge aussi sur la petite trouée apparaissant en haut. Laquelle de ces ouvertures se trouve au niveau du sol ?
Les hommes au bas de la photo nous donnent une mesure de l’immensité de la mine. On dirait de petits soldats de plomb qui, au pas, se dirigent avec bravoure dans l’antre de la terre. Armés de pioches, ils s’en vont affronter le roc, la crasse et la boue. Les travailleurs entrent dans la mine et, à mesure qu’ils s’enfoncent péniblement dans les profondeurs, le danger se fait plus grand, . . . [PLUS] |
 |
John Lorinc |
Prise en août 1947, cette photographie offre un moment de vie qui symbolise hautement l’immigration, tout autant que les images iconiques de ces nouveaux arrivés las et fourbus, chargés de bagages, à leur débarquement aux ports d’entrée, notamment au Quai 21.
Ici, des immigrants sont attablés autour d’un repas, probablement l’un de leurs premiers au Canada. Dans la vingtaine, certains dans la trentaine, ils viennent soit de l’Europe centrale ou du Nord, soit des îles Britanniques. Ils portent costume et cravate, sont minces mais non émaciés . . . [PLUS]
|

New immigrants enjoying breakfast at a men's residence
run by the Salvation Army, August 3, 1947
D. Ottaway
Photographie noir et blanc
Code de référence : RG 9-7-4-5-50
Archives publiques de l'Ontario, I0003019 |
 |
Wendy MacDonald |
![Photographie : Élèves d’un wagon-école posant sur une draisine à bras à Kukatush, district de Sudbury, [vers 1950]](../../../english/on-line-exhibits/aird/pics/20867_railway_school_children_270.jpg)
Railway school students posed on railway hand-pump
section car at Kukatush, Sudbury District, [vers 1950]
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Code de référence : RG 2-43, Acc. 4437 #15
Archives publiques de l'Ontario, I0020867 |
Mon nom est Olga Boyko et je vais à l’école pour la première fois. Je vis dans les bois, avec mon père et ma mère, ma Baba (ma grand-mère), mes quatre frères et ma sœur Luba. Je suis la plus jeune. Papa dit que c’est bon que j’aille à l’école; maman aussi. Baba me dit que je dois y aller, même si elle sait que j’ai peur. Luba est en colère, parce qu’elle voudrait aussi aller à l’école, mais maman dit qu’elle doit rester à la maison pour aider. Mes frères se moquent de ma peur, mais je ne connais qu’eux, et ils peuvent m’apprendre tout ce que je dois apprendre. J’ai peur surtout parce que je sais que je ne comprendrai pas la maîtresse ou les autres enfants, comme le jour où nous sommes allés à la gare pour prendre des provisions, tout le monde parlait anglais trop vite . . . [PLUS] |
 |
John Macfie |
Le bouleau jaune, contrairement au bouleau à papier - ou bouleau blanc - qui est beaucoup plus répandu, couvre une ceinture relativement étroite qui s’étend de la région supérieure des Grands Lacs au littoral atlantique, à l’est. Le bouleau jaune vit plus longtemps, développe un tronc plus gros que son cousin à l’écorce pâle, et les fabricants de meubles et de planchers convoitent son bois richement coloré. (J’ai passé un hiver à abattre des bouleaux jaunes avec une scie passe-partout, et je dois dire qu’à l’approche de midi, . . . [PLUS] |
![Photographie : Estacade flottante de bouleaux jaunes, [vers 1915]](../../../english/on-line-exhibits/aird/pics/6763_loggers_270.jpg)
Estacade flottante de bouleaux jaunes, [vers 1915]
E. J. Zavitz
Photographie noir et blanc
Code de référence : RG 1-448
Archives publiques de l'Ontario, I0006763 |
|