Les hommes au bas de la photo nous donnent une mesure de l’immensité de la mine. On dirait de petits soldats de plomb qui, au pas, se dirigent avec bravoure dans l’antre de la terre. Armés de pioches, ils s’en vont affronter le roc, la crasse et la boue. Les travailleurs entrent dans la mine et, à mesure qu’ils s’enfoncent péniblement dans les profondeurs, le danger se fait plus grand, augmentant à chaque pas.
La chaleur décroît, la lumière disparaît, le pouls s’accélère. Imaginez-vous dans ce milieu froid, hostile, crasseux… où tout est contre vous. L’anthracose, un effondrement, un incendie… autant de dangers possibles !
On pourrait penser que, face à de tels risques, ces hommes allaient devenir fous, ou qu’ils allaient changer de travail. Malgré tout, ils continuaient, parce qu’il le fallait. Avec une famille qui les attendait à la maison, ils n’avaient pas d’autre choix pour survivre. Dans l’attente quotidienne, les familles se faisaient du souci pour leurs hommes, jusqu’à leur retour le soir. C’était normal, et c’est normal que la famille d’un mineur s’inquiète à son sujet. J’aurais eu peur moi aussi.
Avec le temps, le travail minier a évolué au Canada. La photo montre la mine Creighton, en 1905. Je pense qu’à l’époque on utilisait de la dynamite et des pioches. Si c’était le cas, en voyant l’envergure de la mine, on pourrait penser qu’il leur aurait fallu une éternité pour creuser cette immensité à la pioche. Mais les ouvriers peu payés étant très nombreux, le forage était peut-être rendu relativement aisé. De nos jours, les mines utilisent des technologies ultramodernes qui permettent d’accroître l’efficacité du travail, de réduire le temps d’exécution et, on l’espère, d’améliorer la sécurité des mineurs.
La plus vaste des mines de l’Ontario, Creighton est aussi le plus important gisement de minerai au Canada. Du fait de son immensité, c’est là que les outils et la technologie de la mine ont dû être conçus et créés. De nos jours, les outils miniers sont super sophistiqués - l’un des engins les plus imposants étant la taupe.
La taupe est une grosse machine circulaire, pourvue d’une centaine de dents d’acier, qui défonce et rase tout sur son passage. En regardant la photo, je me rends compte que la trouée, si elle était forée aujourd’hui, serait très lisse et symétrique. Je pense qu’autrefois les mineurs étaient plus proches, plus engagés dans un corps à corps avec le roc et la poussière.
En construisant le chemin de fer transcontinental, les équipes de chantier ne savaient nullement qu’elles travaillaient sur l’un des gisements minéraux les plus riches du Canada. Actuellement, l’Ontario se place en tête du pays pour l’exploration minière. L’or a été découvert la première fois en Ontario; il représente aujourd’hui la moitié de l’or canadien. Les gisements de cuivre autour de Sudbury ont été découverts en 1883; ils constituent aussi l’une des plus importantes de mines de nickel au monde. Dans ces galeries, on n’extrait pas seulement du cuivre et du nickel, mais aussi de l’or, de l’argent, du cobalt et du platine. L’activité minière de l’Ontario est très importante pour le reste du Canada et pour le monde.
Quand on y pense, forer une galerie dans la terre et le roc, c’est un peu comme partir à la découverte d’une nouvelle terre, qui n’a jamais été foulée ni touchée par l’être humain. Peut-être pour les mineurs, la mine n’était-elle pas tant un travail que la découverte de choses nouvelles et fascinantes. Songez à l’excitation qu’ils auraient pu vivre à l’idée de découvrir éventuellement quelques pépites d’or, ou même un diamant.
Pour quelque raison que ce soit (et il doit y en avoir eu beaucoup), les mineurs partaient avec bravoure vers l’inconnu. Je suis sûr de cela, parce que malgré les dangers, l’activité minière a prospéré. Avec les matériaux extraits du ventre de la terre, la mine a permis de créer des tas d’articles qui étaient et sont aujourd’hui encore partie intégrante de notre vie quotidienne. Ceci dit, confrontés aux effets de la mine sur l’environnement et le réchauffement planétaire, nous devons trouver un moyen d’exploitation moins polluant.
Avec le dernier regard que je jette sur la photo, j’éprouve beaucoup de reconnaissance envers les mineurs qui, au jour le jour, ont risqué leur vie pour rendre notre vie plus facile et plus confortable. Je pense aussi que ce serait extraordinaire d’être la personne qui prend les photos.
Mitchell Kingsley, août 2007
grade 6 student
Highpoint Community School
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