Ce serait certes une simplification que de prétendre
que tous les membres des classes supérieures et aristocratiques
respectaient ce code de la même façon. Toutefois,
il était généralement admis que certaines
caractéristiques définissaient la nature,
les comportements et les rôles « masculins »
et « féminins ». Une dame de
bonne famille était généreuse,
modeste, passive, digne et dépendante. Son homologue
masculin était « naturellement » actif,
assuré, ambitieux et épanoui. Quant à
la pratique de l’art, le sexe de l’artiste jouait
souvent un rôle déterminant dans le choix du
genre, de l’envergure, du médium, du soutien
et du public visé. Les hommes travaillaient le plus
souvent dans des genres importantes sur le plan social,
soit des sujets historiques, des portraits de grande taille
et des huiles sur toile, et ils produisaient des œuvres
devant être exposées et mises en vente.
Pour leur part, les femmes étaient le plus souvent
reléguées aux œuvres de taille réduite,
dans les soi-disant genres « féminins »
du portrait en miniature, des études de fleurs, des
natures mortes et des paysages sur papier (au crayon, à
la plume ou à l’aquarelle). Leur équipement
était donc moins « malpropre » et plus
facile à transporter que les chevalets, les peintures
à l’huile et les grands carnets de dessin.
La vie et l’expression artistique d’Anne Langton
ont surtout suivi ce cours « féminin »
sous-entendu.
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