Un aspect important de l’œuvre de Langton durant les années
1820 et 1830 est la miniature sur aquarelle ou sur ivoire. Elle
avait été initiée à cette technique
à Paris et elle continua sa formation auprès de
Thomas Hargreaves, du Royal Academy, un miniaturiste réputé
de Liverpool.
Deux des premières miniatures sur ivoires par Anne Langton représentent ses parents, Ellen (en 1825) et Thomas (1827). Anne a peint ces portraits en Angleterre, dans les années qui ont immédiatement précédé et suivi les changements dans la situation financière de sa famille. Les portraits sur ivoire sont montrés ici avec les croquis correspondant extraits des carnets d’Anne Langton. |

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Mrs. Thomas Langton (née Ellen Currer), 1825
Anne Langton
Mine de plomb sur vélin crème
Code de référence : F 1077-7-3-1-18
Archives publiques de l'Ontario, I0008310 |

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Mrs. Thomas Langton (née Ellen Currer), 1825
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-21
Archives publiques de l'Ontario, I0027763 |

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Thomas Langton, 1827
Anne Langton
Mine de plomb sur vélin crème
Code de référence : F 1077-7-3-1-10
Archives publiques de l'Ontario, I0008302 |

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Thomas Langton, 1827
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-22
Archives publiques de l'Ontario, I0027764 |
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William Langton, 1831 ou 1833
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-10
Archives publiques de l'Ontario, I0008559 |
Langton a représenté ici son frère
aîné William en tant que jeune homme du monde cultivé
et sensible. William passa les années 1820 à se
familiariser avec les milieux de la finance et du commerce dans
les entreprises des collègues de la famille Langton, d’abord
à Londres, puis à Liverpool.
En 1831, il se préparait à s’établir
à Manchester en tant que caissier en chef d’une banque
appartenant à la famille Heywood. Peu de temps après,
Benjamin (qui deviendra Sir Benjamin) Heywood, un important banquier
et mécène, le nomme directeur de la banque. La carrière
et la fortune de William allait s’épanouir sans obstacle
à partir de ce moment.
Il devint éventuellement un mécène célèbre
de Manchester ainsi qu’un réformateur social, un
fin connaisseur des arts et un spécialiste de l'héraldique.
En 1836, William connaissait déjà un tel succès
qu’il proposa d’assumer les frais courants de ses
parents, de sa sœur et sa tante afin qu’ils puissent
demeurer en Angleterre. Toujours aussi orgueilleux, Thomas refusa
cette aide, avant de finalement permettre à William de
rembourser ses créditeurs. |
William et sa famille furent les principaux
destinataires de la correspondance « canadienne »
des Langton après leur émigration, et il fut leur
principal correspondant. Au cours des années qui suivirent
son arrivée au Canada, Anne a exprimé son désir
que William et Margaret viennent au Canada, tout en reconnaissant
que Margaret ne serait peut-être pas disposée à
faire un tel voyage. Avec le temps, elle accepta le fait qu’ils
ne la visiteraient jamais.
Heureusement, plusieurs enfants de William et de Margaret visitèrent
le Canada au cours des décennies suivantes, donnant ainsi
à Anne l’occasion de leur faire découvrir
son milieu canadien. Elle les accompagna lors de randonnées
à Québec, Montréal, Ottawa, Toronto, Niagara,
Peterborough, Blythe Farm et la région des lacs du Kawartha,
ajoutant des images de ces endroits dans son carnet de croquis
au fil de ses voyages et de la maturation de son talent. |
|
Ce portrait, un document important
provenant de la donation récente à la collection
Langton, révèle magnifiquement les dons de miniaturiste
de Langton. Margaret Hornby, une riche héritière,
est représentée en 1831, l’année de
son mariage avec William Langton. |
![["my sister-in-law [Margaret Hornby] before she was married"], 1831](../../../english/on-line-exhibits/langton/pics/8576_margaret_oval.jpg)
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["my sister-in-law [Margaret Hornby]
before she was married"], 1831
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-16
Archives publiques de l'Ontario, I0008576 |
![My sister-in-law Margaret, before she was married [fiancée de William Langton], 1831](../../../english/on-line-exhibits/langton/pics/8280_margaret_hornby.jpg)
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My sister-in-law Margaret, before she was married
[fiancée de William Langton], 1831
Anne Langton
Mine de plomb sur vélin crème
Code de référence : F 1077-7-3-2-6
Archives publiques de l'Ontario, I0008280 |
La confiance accrue de
Langton et son habileté technique lui permettent de rendre
la grâce et la beauté de la jeune future mariée.
En faisant un emploi judicieux de traits parallèles, de
pointillés, de petits dépôts de peinture et
de coups de pinceau larges, Langton compose les divers éléments
tactiles et visuels : la robe en mousseline délicate, la
rose à la taille de Margaret, l’éclat de ses
cheveux bouclés, la gêne dans son teint. Mais surtout,
le don de Langton pour saisir l’expressivité des
yeux et de la bouche donne vie son modèle, encore aujourd’hui.
Dans un rare moment d’appréciation de soi, Anne Langton
écrivit au sujet de cette miniature en 1839 :
Cette miniature et le portrait de William, ci-dessus,
furent presque certainement peints afin de commémorer leurs
fiançailles ou leur mariage en 1831. |
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Thomas et John, représentés dans
le tableau sur la droite en tant que gentilshommes cultivés,
examinent des cartes – probablement du Haut-Canada –
en préparation de la prochaine initiative de John. Les
deux étaient vivement intéressés par l’explosion
des connaissances dans les domaines intellectuels et scientifiques
et par les nombreuses explorations qui marquèrent le 19e
siècle.
Thomas, maintenant au début de la soixantaine, continuait
d’essayer de récupérer ses pertes de diverses
façons, sans remporter beaucoup de succès. Il se
porta candidat aux élections municipales, mais fut défait
par une seule voix. Nommé directeur d’une nouvelle
succursale de la Banque Rothschild à Liverpool, il perdit
ce poste à peine deux ans plus tard lorsque la banque fit
des compressions.
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![[Thomas Langton and son, John, 1833]](../../../english/on-line-exhibits/langton/pics/8575_thomas_and_john.jpg)
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Thomas Langton and son, John, 1833
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-8
Archives publiques de l'Ontario, I0008575 |
| Entre-temps, John avait obtenu un diplôme
de Cambridge. Bien qu’il ait voulu être avocat, il dut
mettre fin à ses études faute de fonds. Ayant travaillé
dans une étude d’avocats de Liverpool et ne se sentant
pas disposé à devenir pasteur comme le désirait
sa mère, il se tourna vers l’émigration comme
solution pour faire son chemin dans la vie. |
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Mrs. Thomas Langton (née Ellen Currer), 1833(?)
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-9
Archives publiques de l'Ontario, I0008510 |
On voit ici Ellen, la mère d’Anne,
à 66 ans, la tête appuyée sur sa main, semblant
quelque peu accablée par tous ses voyages et difficultés.
Ce portrait et les miniatures ci-dessus forment une « galerie
» de portraits de famille peints par Anne Langton peu avant
l’émigration de son frère John au Haut-Canada,
probablement pour servir de souvenirs qu’il apporterait
avec lui au Nouveau Monde.
Le talent d’Anne pour le portrait était maintenant
bien rodé. En posant soigneusement ses modèles,
en peignant finement les détails et les textures des costumes,
en imitant le teint, la couleur de la peau et les expressions
(à l’aide de techniques très variées)
et en incluant des objets appropriés, elle évoque
le caractère et la personnalité de chacun de ses
sujets. |
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Dans cet autoportrait, Anne se présentait
comme le modèle de la dame de bonne famille, raffinée
et élégante, tout en démontrant une maîtrise
remarquable de l’art de la miniature.
À vingt-neuf ans, sans fortune ni possibilités
sociales et atteinte d’une déficience auditive, elle
n'était toujours pas mariée.
Malgré tous ses efforts, la famille ne réussit
jamais à retrouver sa fortune. En 1833, John Langton, nouvellement
diplômé de Cambridge, émigra au Haut-Canada.
Après son départ, la famille emménagea dans
une maison plus petite.
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![[Anne Langton: self-portrait, 1833]](../../../english/on-line-exhibits/langton/pics/8560_anne_self_port.jpg)
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Anne Langton: self-portrait, 1833
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario, I0008560 |
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![Miss [Alice] Currer, 1835](../../../english/on-line-exhibits/langton/pics/8569_alice_c_with_frame.jpg)
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Miss [Alice] Currer, 1835
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-1
Archives publiques de l'Ontario, I0008569 |
« Tante Alice », la
sœur d’Ellen Langton, devient le modèle que
suivra Anne Langton : la « tante célibataire »
généreuse, toujours prête à aider la
famille au fil des besoins (tout en vivant à ses dépens).
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Miss Harriet Lowe, 1836
Anne Langton
Aquarelle sur ivoire
Code de référence : F 1077-7-1-0-23
Archives publiques de l'Ontario, I0028020 |
Le dernier portait montre une amie proche d’Anne, en 1836. Harriet était une des trois sœurs Lowe très proches d’Anne. Tout comme Anne, elles ne se sont jamais mariées et elles ont choisi d’ouvrir une école privée pour jeunes filles près de Londres.
Ce portait est le point culminant de plusieurs années d’expérience d’Anne dans la peinture de miniatures. Les détails de la robe et de la coiffure d’Harriet sont délicatement rendus. Anne a capturé de façon experte les traits de son modèle afin de lui donner une expression à la fois confiante et sage. Comme la miniature fait moins de 50 mm de largeur, la précision des détails est remarquable. |
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En 1837 William, Ellen,
Alice Currier et Anne décidèrent d’émigrer
au Haut-Canada afin de retrouver John, tout en sachant que leur
« projet canadien » était une « idée
assez farfelue » pour trois personnes âgées
et une jeune femme célibataire (SOF, 45, 46). |
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