Les fondements d’Osgoode Hall : l’élaboration d’un bâtiment emblématique du système juridique | Archives publiques de l’Ontario
Français
Photographie noir et blanc de la façade sud d’Osgoode Hall, montrant le bâtiment et la clôture en fonte.
Exposition en ligne : L’évolution d’Osgoode Hall : un bâtiment en constante transformation

Les fondements et l’élaboration d’un bâtiment emblématique du système juridique

Osgoode Hall est bien plus qu’un lieu emblématique. Il est un témoin privilégié de l’histoire de l’Ontario. Bien des gens reconnaissent la majestueuse façade de ce bâtiment bien connu de Toronto, mais l’histoire de son évolution demeure souvent méconnue. Cette expo s’inspire principalement de la collection J.C.B. et E.C.  Horwood (Fonds C 11) des Archives publiques de l’Ontario une collection de plus de 30 000 dessins architecturaux et autres documents produits ou accumulés par les frères Horwood pour révéler l’évolution d’un « lieu emblématique vivant ».  Cette expo a été créée pour célébrer le 200e anniversaire (2027) de la Grande Bibliothèque du Barreau de l’Ontario à Osgoode Hall. 

Les débuts

La mise en chantier d’Osgoode Hall, nommé en l’honneur de William Osgoode (1754–1824), premier juge en chef du Haut-Canada, se fait en 1828, lorsque le Barreau de l’Ontario achète un terrain de six acres au nord-est de ce qui est aujourd’hui la rue Queen et l’avenue University. À l’époque, la ville de York (qui s’appellera bientôt Toronto) ne compte que 5 505 habitants. Le terrain se situe tout juste en dehors des limites de la ville, dans un paysage caractérisé par des pâturages et des vestiges de forêt. Le bâtiment, appelé par la suite « Lawyers’ Hall », est un établissement polyvalent conçu pour fournir des bureaux, des salles de réunion, une bibliothèque, et même des logements pour étudiants. Toutefois, sa conception ambitieuse est portée par une ambition révolutionnaire : en effet, dès 1825, le Barreau de l’Ontario espère que les tribunaux provinciaux s’y installent pour partager le lieu. L’idée de réunir sous un même toit les tribunaux et l’instance dirigeante des avocats constitue une innovation unique née du contexte colonial du Haut-Canada, et elle prépare le terrain pour que l’édifice devienne un symbole du système de justice en Ontario. De nos jours, le lieu est un cas unique de copropriété entre la province de l’Ontario (qui possède les parties tribunaux du bâtiment depuis 1874) et le Barreau, qui demeure propriétaire de la partie est du bâtiment et de la Grande Bibliothèque.

Évolution historique : Phase de fondation (1828–1844)

« `html

Le développement physique d’Osgoode Hall a évolué au cours de plusieurs phases clés, et l’édifice est passé d’un établissement semi-résidentiel à un bâtiment emblématique civil unifié. Entre 1829 et 1832, John Ewart, constructeur, et le Dr William Warren Baldwin, trésorier, collaborent sur les travaux de l’aile est, destinée au « quartier des conseillers », en adoptant un style néoclassique géorgien qui reprend un plan domestique à hall central afin d’assurer la stabilité et d’intégrer des logements pour les étudiants en droit.

À la suite de l’achèvement réussi de l’aile est, le Barreau connaît une croissance rapide, ce qui rend nécessaire l’agrandissement de ses installations. Cette situation mène à la construction, de 1833 à 1834, d’un centre, conçu par William Warren Baldwin et construit par l’entrepreneur John Ritchie, qui permet d’offrir des bureaux et des chambres à coucher supplémentaires afin de répondre aux besoins administratifs et résidentiels croissants du Barreau.

Le site atteint un nouveau degré de cohésion entre 1844 et 1846 lorsque l’architecte Henry Bowyer Lane construit l’aile ouest destinée aux tribunaux et ajoute un dôme central ainsi que des portiques assortis à la façade, parvenant ainsi à unifier harmonieusement les différentes parties en un ensemble monumental.



Osgoode Hall Ground Plan

Osgoode Hall, Toronto, plan du rez-de-chaussée

Osgoode Hall, Toronto, plan du rez-de-chaussée, vers 1855 (Collection J.C.B. et E.C. Horwood, dessins architecturaux de Hopkins, Lawford and Nelson pour Osgoode Hall à Toronto [Ontario], C-11-483, AO 9217, Archives publiques de l’Ontario, image I0061371)

Ce dessin architectural montre le plan du rez-de-chaussée existant des travaux d’Henry Bowyer Lane et a été préparé par le cabinet montréalais Hopkins, Lawford et Nelson, alors qu’il examinait et proposait de nouvelles modifications au bâtiment conçu par Lane.

Transcription de l’image

Texte visible dans la partie supérieure :
« OSGOOD HALL »
« TORONTO C.W. »
« PLAN DU REZ-DE-CHAUSSÉE »

Étiquettes des pièces :
« Cour de la chancellerie »
« Cour des plaidoiries »
« Cour du Banc de la Reine »
« Hall »
« Bibliothèque »
« Salle des conseillers »
« Avocats »
« Bureaux »
« Portique »

Éléments architecturaux visibles :
Grand hall central, organisation symétrique du rez-de-chaussée, salles d’audience, bureaux, espaces de bibliothèque, salles des conseillers, espaces réservés aux avocats, escaliers, corridors intérieurs, portiques, murs structuraux en maçonnerie, cloisons intérieures, ouvertures de portes, ouvertures de fenêtres, colonnes et supports, aménagement des espaces de circulation, indications de dimensions, lignes de construction, références de coupe, annotations de dessin et détails architecturaux classiques de type institutionnel.

Détails de dessin et de construction visibles :
De fines lignes architecturales distinguent les murs structuraux, les divisions intérieures, les ouvertures, les parcours de circulation et les autres éléments du plan. Des lignes de cote, des repères d’alignement, des notes manuscrites, des annotations de pièces et des symboles de dessin architectural apparaissent sur l’ensemble de la feuille.

Texte supplémentaire visible :
« Aile est » et « Aile ouest » sont indiquées relativement à l’organisation du bâtiment, avec d’autres références aux pièces et aux éléments architecturaux réparties sur le plan.

Caractéristiques archivistiques :
Le dessin est conservé sur un papier crème vieilli présentant des marques de vieillissement, une décoloration, des taches, des inscriptions pâlies et partiellement masquées, des plis, des bords usés et d’autres traces d’usure caractéristiques d’un dessin architectural du XIXe siècle.

Inscription dans le coin inférieur droit :
Une inscription des architectes est visible dans la partie inférieure droite du dessin, bien que certaines portions du texte soient pâles et partiellement masquées dans la numérisation disponible.

La professionnalisation de l’architecture

Au début de la construction d’Osgoode Hall, l’architecture n’est pas encore une profession officiellement reconnue ou réglementée au Canada. Le Barreau fait donc appel à des personnes polyvalentes qui allient vision conceptuelle et expertise en construction, ce qui témoigne du caractère multidisciplinaire des grands projets de construction du début du 19e siècle. Dans les modestes débuts du bâtiment, les plans de l’aile est sont axés sur les besoins pratiques, et s’appuient sur les traditions locales de conception des bâtiments plutôt que sur les styles majestueux et unifiés que les architectes professionnels apporteront au projet au cours des années suivantes.
  

Toutefois, le milieu du 19e siècle marque le passage définitif à des cabinets professionnels qui utilisent des dessins et des plans architecturaux élaborés, au détriment des conceptions amateurs qui prévalaient auparavant. Durant cette période, le modele traditionnel d’apprentissage est encore en vigueur : les futurs architectes apprennent auprès d’architectes établis — souvent formés à l’étranger et venus s’installer au pays — avant l’instauration d’une réglementation officielle de la profession en Ontario. Cette formation pratique est demeurée la norme jusqu’en 1890, année de fondation de l’Ordre des architectes de l’Ontario, et la fondation par l’Université de Toronto du Département d’architecture, le premier du pays.

Photo d’un imposant escalier symétrique doté de marches recouvertes d’un tapis bleu, d’arches blanches et de lampes à globe. Un puits de lumière rectangulaire ouvragé éclaire les moulures décoratives du plafond d’un espace visible au sommet de l’escalier.

Vous cherchez d’autres documents?

Rechercher dans notre collection
Mis à jour : août 11, 2026 05:59 PM
Date de publication : août 11, 2026