Ramener le traité chez soi
Cet été, le Traité n° 9 est revenu chez lui.
Du 27 juillet au 1er août 2026, un petit groupe de collaborateurs des Archives publiques de l’Ontario et des Archives de l’université Queen’s s’est rendu dans le nord avec le traité, en avion, en train, en voiture et en bateau, jusqu’à Moose Factory, une île située sur la rivière Moose, près de l’embouchure de la baie James.
Sean Smith, responsable principal des archives, et Adriane VanSeggelen, conservatrice, ont partagé ce voyage avec Heather Home, archiviste aux Archives de l’Université Queen’s.
Leur objectif était d’apporter le Traité au rassemblement annuel des Cris « Gathering of Our People » (GOOP), une célébration de la culture crie réunissant plus de 500 personnes venues de tout le territoire du Traité n° 9, et de le présenter aux membres de la Première Nation crie de la Moose.

Qu’est-ce que le Traité n° 9 ?
Le Traité n° 9 est un accord historique conclu entre les nations autochtones (notamment les peuples Anishinaabés et Omushkegowuk), la Couronne et la province de l’Ontario. C’est le seul traité numéroté au Canada qui inclut l’Ontario parmi les signataires aux côtés du gouvernement fédéral.
Ce document de sept pages, rédigé sur du parchemin (peau d’animal), a été signé en 1905-1906. Des avenants ultérieurs (reliés dans un volume en cuir) y ont été ajoutés en 1929-1930. Le traité est conservé par les Archives publiques de l’Ontario, où il repose dans des caisses spécialement conçues, au sein d’une chambre forte de notre site de North York. Mais il s’agit également d’un document vivant, dont les dispositions s’appliquent toujours et ont un impact direct sur les habitants d’une région couvrant environ les deux tiers de l’Ontario.
À cette occasion, comme lors d’autres expositions précédentes, le traité a été présenté aux côtés du journal intime de 1905 du commissaire de l’Ontario Daniel G. MacMartin, qui rend compte des promesses verbales faites au cours des négociations du traité. Ce journal est aujourd’hui conservé aux Archives de l’Université Queen’s.


Comment transporter un traité
Ce voyage estival a nécessité une planification minutieuse : le Traité a été transporté dans des caisses et des cadres à température contrôlée, et un wagon à bagages spécialement affecté à cette tâche a été mis à disposition par Ontario Northland pour acheminer le Traité en toute sécurité de Timmins à Cochrane.
Le trajet comprenait également des trajets en avion, en camion et en bateau. Tout le monde a travaillé d’arrache-pied pour que le Traité puisse effectuer un voyage en toute sécurité vers le nord.


Prendre soin de l’avenir
Récemment transféré dans de nouveaux cadres, le Traité a fait l’objet d’une surveillance attentive grâce à un enregistreur de données interne (installé à l’intérieur de l’un des cadres) permettant de suivre la température et l’humidité. Le parchemin est particulièrement sensible aux variations de température. Adriane était ravie de constater l’efficacité des cadres : à un moment donné, la température extérieure a atteint 36 °C et le taux d’humidité 78,5 % (!), mais le taux d’humidité maximal à l’intérieur du cadre est resté autour de 49 %.
Cela nous a montré que les Archives peuvent soutenir des initiatives de sensibilisation comme celles-ci tout en continuant à préserver le Traité pour les générations futures.

de transfert dans un nouveau cadre
Établir des relations
Ce n’est pas la première fois que le Traité fait le voyage vers le nord. Mais cela marque un changement important dans la nature de la relation que les Archives publiques entretiennent avec lui — et avec les communautés pour lesquelles il s’agit d’un document essentiel porteur d’un héritage durable.
En collaborant étroitement avec les membres du Conseil Mushkegowuk ces dernières années, Sean, Adriane et Heather ont noué des relations durables et significatives avec les dirigeants communautaires et les aînés. L’objectif commun a été de trouver des moyens de partager et de mettre en valeur le Traité, de le présenter directement aux membres de la communauté ou d’offrir des espaces permettant aux voix autochtones de se faire entendre.
« En tant que colon, il est difficile de transmettre toute la portée du Traité. Le présenter à la communauté révèle à quel point il est important. Ils le considèrent comme un document sacré, et on le ressent lorsqu’ils interagissent avec les signatures. Certains en veulent à leurs ancêtres de l’avoir signé, tandis que d’autres reconnaissent les rêves que ces signatures représentent. Beaucoup d’émotions sont liées à ce Traité. »
Adriane VanSeggelen, conservatrice (Archives publiques de l’Ontario)


Une expérience émouvante
Présenté dans le cadre du GOOP, le plus grand rassemblement estival de la région, le traité a été installé à la maison du personnel de la Compagnie de la Baie d’Hudson, à environ 30 mètres de l’endroit où il aurait été débarqué en août 1905 pour être signé.
Des conversations animées avec les habitants, les enseignants et les visiteurs travaillant dans la région ont mis en évidence l’importance de la gestion responsable et de l’histoire vivante. Beaucoup sont restés pour discuter ou sont revenus à plusieurs reprises, accompagnés de leur famille et de leurs amis. L’expérience s’est avérée à la fois instructive et profondément personnelle pour toutes les personnes impliquées.
« [Le Traité n° 9] incarne les espoirs du peuple et de ses ancêtres. Ces documents constituent des liens avec le passé. Il est difficile de décrire à quel point les traités sont importants pour les communautés tant qu’on ne les a pas vus interagir avec eux — les gens connaissent très probablement les signataires ou ont des liens de parenté avec eux. Mais cela n’enlève rien au fait que ces documents leur ont été retirés; il est donc essentiel de les leur rendre. Associer le traité au journal intime (de MacMartin) permet de relier les différents éléments entre eux. Nous (aux Archives publiques) pouvons contribuer à créer une expérience qui permette à une communauté de réfléchir à son passé et d’envisager son avenir. »
Sean Smith, chef, Sensibilisation et éducation (Archives publiques de l’Ontario)
Pour en savoir plus sur le Traité n° 9, consultez notre exposition en ligne : Le Traité de la baie James (Traité no 9)