Un lieu en constante transformation : Démarcations, sécurité et évolution architecturale
Osgoode Hall est en constante évolution depuis près de deux siècles. Un sentiment de continuité institutionnelle s’est dégagé au fil de ces années, malgré des transformations et ajouts constants, notamment la clôture en fonte.
En 1857, le Barreau privilégie l’installation d’une « belle clôture » pour remplacer l’enclos temporaire en bois qui entourait Osgoode Hall depuis longtemps. Toutefois, en raison d’un manque de fonds disponibles, le projet a été retardé jusqu’en 1865, année où William Storm a été chargé de concevoir la palissade en fonte qui est encore en place aujourd’hui.
Palissade en fonte et portillons « à l’épreuve des bovins »
La clôture est composée d’une série de barreaux de fer verticaux surmontés de faîteaux ornementaux en forme de lance, ancrés dans des piédestaux en pierre qui reprennent la maçonnerie d’Osgoode Hall. Les étroits « portillons à baiser » de 20 pouces sont souvent cités dans des anecdotes populaires comme une protection contre les vaches et les cochons errants, ce qui est largement considéré comme une conjecture. Des sources indiquent plutôt qu’au cours des années 1860, Toronto était un centre commercial développé où la présence de bétail errant était rare. De plus, le récit des vaches n’a gagné en popularité qu’après la publication en 1933 du roman à succès The Yellow Briar de l’avocat torontois John Mitchell. Une explication plus probable de la conception restrictive de ces portillons pourrait être liée à la sécurité et au contrôle des foules, puisqu’ils ne permettent le passage que d’une personne à la fois, créant ainsi un seuil défendable pour la propriété.
Un bâtiment en constante transformation
L’agrandissement du bâtiment s’est poursuivi à la fin du 19e et au 20e siècle, avec une série d’ajouts majeurs qui ont transformé Osgoode Hall en un bâtiment emblématique du système juridique. Entre 1880 et 1882, William Storm conçoit indépendamment la Grande Salle, une salle d’examen inspirée des Inns of the Courts médiévaux de Londres, en Angleterre (les associations professionnelles des avocats plaidants). Bien que le volume structurel de la salle et la galerie remontent à la vision originale de Storm au 19e siècle, son apparence moderne — y compris les bibliothèques et les finitions intérieures — découle d’une importante rénovation réalisée en 1938. En outre, entre 1986 et 1989, l’artiste Christopher Wallis installe d’importants vitraux représentant des symboles du Patrimoine juridique du Canada. Ajout ultérieur à la Grande Bibliothèque, la Salle américaine est construite en 1894-1895 par le cabinet Burke and Horwood. Conçue précisément pour abriter une collection croissante de documents juridiques américains, la salle est dotée de bibliothèques en chêne allant du sol au plafond et demeure un élément clé de la chronologie architecturale du bâtiment, bien qu’elle ne relève plus du contrôle du Barreau. Une chronologie complète des principaux ajouts et de l’évolution du bâtiment peut être consultée ici.
Au cours des dernières années, Osgoode Hall a continué d’être un bâtiment en constante transformation. Vu d’une perspective aérienne, il apparaît comme une série de « parties » interreliées représentant près de 200 ans d’évolution de l’architecture canadienne. Bien que la façade sud emblématique de la fin des années 1850 soit demeurée largement intacte, le bâtiment situé derrière a fait l’objet d’une transformation continue afin de répondre aux besoins croissants du système juridique de l’Ontario. Désigné lieu historique national en 1979, Osgoode Hall demeure un monument vivant qui continue de remplir sa double fonction initiale, à la fois tribunal en activité et siège du Barreau, préservant ainsi son héritage.
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