Évolution de la visualisation 3D en Ontario
Dans une salle de cinéma ou dans notre salle de lecture, la magie de la 3D ne cesse de nous transporter dans d’autres mondes. Pendant des décennies, la population ontarienne s’est émerveillée devant des images stéréoscopiques observées à travers des dispositifs optiques en bois. Les Archives publiques de l’Ontario possèdent des milliers d’images ayant provoqué au 19e siècle les mêmes frissons que nous procurent aujourd’hui les films en 3D.
Le 19 décembre 2025, James Cameron a sorti le troisième volet de la série de films Avatar. Vous vous souvenez sûrement à quel point le premier film, sorti en 2009, a été encensé pour ses effets visuels révolutionnaires, notamment d’immersion tridimensionnelle, qui ont permis au public de se plonger virtuellement dans le monde de Na’vi. Le film a rapporté plus de 2,9 milliards de dollars et a suscité un regain d’intérêt pour les expériences de visualisation 3D. Un tel attrait n’avait plus été observé depuis le bref essor observé dans les années 1980, qui s’est rapidement essoufflé dans les années 1990. Bien que la technologie de l’imagerie 3D semble novatrice chaque fois qu’on y a recours, elle est en fait utilisée depuis fort longtemps, puisqu’elle remonte à près à deux siècles.
Tout commence avec le stéréoscope

Le premier stéréoscope a été inventé en 1832 par Sir Charles Wheatstone et est mentionné dans l’ouvrage Outlines of Human Physiology (1833), publié l’année suivante. Cet appareil utilisait des miroirs placés à un angle de 45 degrés par rapport aux yeux de l’observateur afin de créer l’illusion que les images reflétées étaient en trois dimensions. Cet effet est possible grâce à notre perception binoculaire de la profondeur, qui permet à notre cerveau de fusionner les images provenant de chaque œil en une seule vision 3D du monde.
En 1849, les lentilles avaient remplacé les miroirs. Ce changement a permis la création de versions plus petites et portatives du stéréoscope. Cette nouvelle version a fait l’objet d’un véritable retentissement lorsqu’elle a été présentée à la Grande Exposition de 1851. On raconte que la reine Victoria aurait littéralement admiré cette invention, même s’il convient de remarquer que la photo utilisée pour présenter l’appareil était celle de la reine elle-même. Sa popularité à l’Exposition a entraîné un essor fulgurant, avec la production de 250 000 stéréoscopes et de leurs stéréophotogrammes, les images appariées à utiliser dans l’appareil.
Il nous est aisé d’établir un parallèle entre la popularité des stéréoscopes dans les années 1850 et celle des films Avatar de nos jours. L’aspect novateur de cette technologie a suscité l’intérêt du public, et ce dispositif a offert à beaucoup une forme de divertissement. Les récits de voyage, très populaires dans les années 1800, permettaient à ceux qui n’avaient pas les moyens de parcourir le monde de le faire à travers l’histoire d’autrui, et le stéréoscope est venu compléter cette expérience, en offrant au public la possibilité de visiter des lieux qu’il n’aurait normalement pas pu voir.
Vers les jouets technologiques d’aujourd’hui
La technologie a continué d’évoluer. En 1857, un stéréoscope rotatif a été créé. On a ainsi pu visualiser plusieurs images à l’aide d’une manivelle permettant de les faire défiler. Cette invention a continué d’évoluer, donnant naissance au classique View-Master, breveté en 1939, mais qui est devenu populaire des années 1970 aux années 1990. À cette époque, les visiteurs de Canada’s Wonderland pouvaient acheter une visionneuse souvenir contenant une photo en 3D d’eux-mêmes dans le parc.
Dans les années 2010, Google a lancé Google Cardboard, un stéréoscope en carton commercialisé comme une plateforme de réalité virtuelle à bas prix. Ce n’était pas la seule entreprise à essayer de nous vendre des boîtes en carton dans les années 2010, comme si nous étions des chats. Nintendo a également lancé le Nintendo Labo, qui permettait aux joueurs de fabriquer des accessoires en carton pour leur Switch. Il est intéressant de noter que Nintendo avait déjà expérimenté la technologie 3D en 1995 avec le casque virtuel Virtual Boy, qui a été un échec commercial. Nintendo a fait une nouvelle tentative en 2011 avec le lancement de la console portative Nintendo 3DS, qui utilise des visuels 3D autostéréoscopiques ne nécessitant pas de lunettes spéciales.
Découvrez nos images stéréographiques
Les Archives publiques de l’Ontario détiennent une remarquable collection d’images stéréographiques ainsi que plusieurs stéréophotogrammes. Bon nombre d’entre elles peuvent être consultées en ligne sur notre page GLAM Wiki (en anglais seulement). Tout comme nous nous plongeons aujourd’hui dans le monde des Na’vi grâce aux lunettes 3D, nous pouvons regarder à travers un stéréoscope pour revivre un bref moment du passé, que ce soit en visitant Muskoka en 1880 ou l’usine Eaton en 1910.
