Les Simcoe arrivèrent à Québec le 11 novembre 1791. Elizabeth n'était pas impressionnée par la ville.
« Je ne voulais pas quitter le bateau pour entrer dans une ville à l'air aussi triste que Québec, sous la pluie et la neige. Il neige tellement que je ne peux pas vous décrire Québec, mais ce que je peux distinguer sous la neige me semble bien misérable . . . » - 11 novembre 1791 |
Mais son état d'esprit s'améliora bientôt et une fois la famille installée, Elizabeth entreprit d'explorer la ville.
« Québec est divisée entre la Haute-Ville et la Basse-Ville. Cette dernière est habitée par les marchands, en raison de sa proximité du port et des quais. Ils vivent dans des maisons spacieuses et hautes, de trois étages, construites en pierre foncée, mais les rues sont étroites et sombres. La Haute-Ville est plus aérée et agréable, bien que les maisons soient en général moins... » - 5 décembre 1791 |
Souvent invité à des réceptions et dîners, le couple devint bientôt un des piliers de la société locale. Les Simcoe devaient passer l'hiver à Québec avant d'entreprendre leur long voyage vers l'intérieur du pays, et l'élite sociale et militaire de la ville s'était mis un point d'honneur à leur faire profiter au maximum du temps qu'il leur restait.
Cependant, leur séjour à Québec a eu sa part d'aventurse.
« Au cours de l'hiver, de grandes masses de glace descendent la rivière et les gens qui se rendent au marché de la rive opposée traversent en canoë. Lorsqu'ils rencontrent l'un de ces morceaux de glace, ils l'abordent et le franchissent à pied en portant leur canoë sur leurs épaules, puis remontent à bord de leur embarcation une fois le bloc de glace parcouru. Et ce jusqu'à ce qu'ils atteignent Québec. Cette façon de traverser la rivière semble si difficile et dangereuse qu'on peut à peine y croire avant de l'avoir vu. » - 14 février 1792 |
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« Le colonel Simcoe et moi-même nous préparions à traverser à pied le pont de glace. Comme il y avait une petite surface d'eau entre la terre et la glace, une planche avait été posée au travers, que le colonel avait franchie. En faisant marche arrière pour me tendre la main, il a glissé dans l'eau, mais heureusement, a réussi à se rattraper à la planche qui l'a soutenu jusqu'à ce que des Canadiens qui se trouvaient dans les environs viennent le secourir, ayant répondu à mes appels au secours. Si la planche avait cédé, il serait passé sous la glace et il aurait été impossible de l'en sortir. -15 février 1792 |
« De là, je suis montée dans une carriole ouverte (qui est une sorte de phaéton sur patins ou un traîneau avec du fer au lieu de roues) pour me rendre à Woodfield dans le but de rendre visite à la sœur du Dr Mabon. C'est à trois milles de Québec, un merveilleux endroit au milieu des bois, sur les hautes et raides berges du Saint Laurent, et à un mille de l'Anse-au-Foulon, là où le général Wolfe débarqua. » - 1er décembre 1791 |
Dans une lettre à une amie en Angleterre, Elizabeth décrivit son plaisant séjour de sept mois à Québec comme « un nouveau chapitre de ma vie » et captura merveilleusement la beauté du paysage, la flore et la faune de la région dans une série d'aquarelles.
L'un des endroits qu'Elizabeth trouva particulièrement mémorables était les chutes Montmorency.
Situées 13 km à l'est de Québec, les chutes tombent en cascades de 83 mètres dans le Saint Laurent, à l'embouchure de la rivière Montmorency.
Les chutes, qui ont 27 mètres de haut de plus que les chutes du Niagara, ont été nommées en 1608 par Samuel de Champlain et sont devenues un centre d'attraction touristique depuis cette époque.
« Cet après-midi, nous avons conduit jusqu'à Montmorency et avons bu le thé là-bas. J'ai marché le long d'un sentier au bord du fleuve, qui traverse un lit rocailleux parmi les arbres en feuilles, ce qui rend le paysage des chutes beaucoup plus plaisant que la dernière fois où j'y étais. » - 5 juin 1792 |
Cependant, les devoirs du colonel Simcoe l'appelaient dans le Haut-Canada et dès l'arrivée d'un temps plus clément, la famille se prépara à quitter Québec.