Hog's Back - bannière

Thomas Burrowes a probablement visité le barrage des chutes Hog’s Back en 1830, un an après le troisième effondrement d’une section du barrage. Il a attendu encore 15 ans avant de confier à la peinture et au papier son souvenir d’un des moments les plus difficiles du canal.

Les chutes Hog’s Back, à 10 kilomètres (6 milles) de la rivière des Outaouais, étaient l’obstacle majeur entre la première section du canal artificiel et la rivière Rideau, relativement calme, qui serpentait à partir du lac Rideau. Ces chutes, dont le nom s’inspire d’une arête de pierre calcaire qui se dressait au milieu de la Rideau, étaient de longs rapides déchaînés qui filaient à grande vitesse.

Aquarelle: Dam at the Hog’s Back, shewing the Breach in the Stonework in 1830; Sketched in July 1845 from the Bed of the River, 1845

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Dam at the Hog’s Back, shewing the Breach in the Stonework
in 1830; Sketched in July 1845 from the Bed of the River, 1845
Aquarelle
Fonds Thomas Burrowes
Code de référence : C 1-0-0-0-15
Archives publiques de l'Ontario, I0002133

Le canal a été creusé autour des chutes, mais les ingénieurs devaient détourner suffisamment d’eau de la rivière vers les écluses pour le rendre navigable. Un débit trop élevé aurait inondé le réseau et détruit les écluses et le canal; le contraire aurait rendu le projet inutile. Cependant, il était difficile de contrôler la Rideau à cet endroit à cause de sa largeur et du volume d’eau qui se précipitait dans l’étroit canal à Hog’s Back. Le lieutenant-colonel John By a décidé de construire un haut barrage sur toute la largeur de 52 mètres (170 pieds). Le barrage laisserait passer par-dessus une partie de l’eau qui se dirigerait vers Hog’s Back tout en permettant de contrôler le volume qui s’écoulerait dans la dernière section du réseau du canal.

Cette solution d’ingénierie tenait debout, mais pas le premier barrage. Fait en pierre qu’on avait recouverte d’argile imperméable, de sable et de gravier pour le renforcer, il s’est écroulé trois fois avant qu’on le remplace par une série de caissons en bois plus rudimentaires remplis de pierre.

Enfin, après avoir déterminé qu’il n’y avait pas d’autre trajet possible, By a adapté son plan initial. Il a réduit la longueur du barrage principal et ajouté un barrage plus bas, appelé « déversoir », qui permettait aux eaux de crue du printemps de s’échapper dans le canal Hog’s Back sans endommager le barrage principal ni les écluses.

Pour plus de sécurité, il a ajouté une « écluse de garde » entre l’écluse-ascenseur unique du poste et la rivière. L’écluse de garde n’élevait pas les bateaux, mais on pouvait fermer ses portes pour écarter les eaux de crue excessives et les débris flottant sur la rivière.

Ils l’ont échappé belle

Le lieutenant-colonel By était avec une équipe de travailleurs au sommet du barrage lors de son dernier effondrement, en avril 1829. Il a décrit ainsi à un supérieur la tragédie évitée de justesse : « (...) le barrage de pierres à voûte, d’une épaisseur de 26 pieds à la base, a cédé à environ 15 pieds au-dessus de la fondation et près du centre avec un bruit de tonnerre. J’étais au sommet avec 40 hommes qui s’affairaient à stopper la fuite quand j’ai senti un mouvement semblable à un tremblement de terre. J’ai tout de suite ordonné aux hommes de courir... ». Les pierres sont littéralement tombées sous leurs pieds, mais tous les hommes s’en sont tirés sains et saufs.

Aquarelle: View from the Upper end of the Guard Lock at Hog’s Back; looking towards Bytown, 1845

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View from the Upper end of the Guard Lock at
Hog’s Back; looking towards Bytown, 1845
Aquarelle
Fonds Thomas Burrowes
Code de référence : C 1-0-0-0-16
Archives publiques de l'Ontario, I0002134

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