L' histoire d'un vétéran ontarien - extraits des journaux de John Mould : La bataille de la Somme - bannière


Vers la fin du mois d’août 1916, le Corps canadien fut transféré au nord du fleuve de la Somme, à l’est d’Amiens. Les soldats se trouvèrent en première ligne, à l’ouest du village de Courcelette.

Cantonnés au nord des alliés, les Allemands étaient en position de force sur l’arête de Thiepval, et bien qu’ils aient essuyé de nombreuses pertes, leurs lignes défensives dans les tranchées Kenora et Regina semblaient imprenables.

Photographie : Des prisonniers allemands captures sur la Somme sont conduits vers leurs cellules par la Police militaire canadienne, 1916

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Des prisonniers allemands captures sur la Somme sont conduits vers leurs cellules par la Police militaire canadienne, 1916
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-9-20
Archives publiques de l'Ontario, I0004779

Photographie : Des pionniers canadiens amenant du matériel de tranchées à Passchendaele retournent du travail, et croisent des prisonniers allemands transportant des blesses

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Des pionniers canadiens amenant du matériel de tranchées à Passchendaele
retournent du travail, et croisent des prisonniers allemands transportant des blesses, 1917
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-10-19
Archives publiques de l'Ontario, I0004829

Photographie : Des Françaises vendent des oranges à des soldats canadiens de retour au camp, [vers 1918]

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Des Françaises vendent des oranges à des soldats canadiens de retour au camp, [vers 1918]
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-9-49
Archives publiques de l'Ontario, I0004808

L’extrait qui suit relate les événements du 28 septembre 1916 alors que l’objectif du 19e bataillon était la prise de la tranchée Regina.

Ayant réussi à s’approcher à quelque 500 mètres de la tranchée, le bataillon vint à essuyer un tir nourri dans un lieu nommé la ferme Destremont. Les soldats s’arrêtèrent donc là et parvinrent à établir un poste canadien à l’ouest de la ferme.

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« Vous pouvez vous imaginer comment nous nous sentions après avoir marché toute la nuit et sans avoir pris aucun repos depuis trois ou quatre jours. Nous avons alors commencé bien vite à chercher des endroits pour dormir un peu. Tout le monde pensait que nous resterions là au moins un jour et certains hommes s’allongeaient déjà dans les tranchées. Toutefois, ce qui s’est produit peu après aurait brisé le cœur de n’importe quel homme. Nous n’étions pas dans les tranchées depuis plus de 15 minutes que tous les sous-officiers ont été appelés devant l’officier responsable de la compagnie. Comme je venais d’être nommé caporal, j’ai donc été convoqué moi aussi. Lorsque nous avons été réunis, l’officier nous a expliqué la position de notre tranchée et la situation environnante. Après nous avoir décrit nos différentes positions, il nous a dit qu’il était de notre devoir ce matin-là de s’approcher le plus possible d’un endroit connu sous le nom de « tranchée Regina », tranchée dont on ignorait si elle était occupée par les Allemands.

Il était 4 h du matin lorsque nous avons entamé notre périlleux voyage. Nous sommes passés devant plusieurs bataillons dont les hommes étaient alignés dans les tranchées; ceux-ci pensaient que nous étions devenus fous et nous ont dit que qu’aucun d’entre nous n’en reviendrait vivant. Toutefois, il nous fallait croire en notre destin et faire confiance en la Providence qui nous aiderait à en sortir sains et saufs.

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Tandis que nous descendions la route de Courcelette vers l’endroit où nous devions faire une avancée, un spectacle tragique s’offrait à nos yeux. Cette scène aurait pu faire craquer n’importe quel être humain. Ce village, qui venait depuis quelques jours à peine d’être pris par les « Canadiens », était encore fortement défendu par les Allemands et, bien sûr, les pertes étaient nombreuses dans les deux camps. Tout le long de la route, on pouvait voir des cadavres allongés dans toutes les positions, certains dans un tel état qu’il était impossible de les regarder. Comme j’enjambais certains de ces corps, un froid glacial m’a envahi tandis que mes pensées rejoignaient sur-le-champ les êtres chers que ces malheureux avaient laissés derrière eux.

Après quelques minutes de repos au point de départ, nous avons préparé les baïonnettes et nous nous sommes placés en formation déployée, prêts à l’attaque. Aucun de nous ne savait s’il s’en sortirait sain et sauf et beaucoup de prières ont alors été dites pour tous ceux qui étaient restés au pays (…). Tout a bien été jusqu’à ce que nous soyons rendus à environ 500 mètres de la tranchée Regina. À ce point, nous avions parcouru quelque 400 mètres et c’est alors que nous avons été pris sous un tir cinglant de mitrailleuses qui nous a obligés à nous jeter au sol et à attendre que les choses se calment un peu. Tandis que nous attendions, un ordre de ne pas attaquer la tranchée a été donné, car elle était aux mains des Allemands qui la défendaient farouchement (…).

Après 15 minutes de dur labeur durant lesquelles nous sommes parvenus à nous couvrir efficacement, l’ennemi, qui avait repéré clairement notre position, a commencé à nous bombarder. Nous avons été pris sous le feu impitoyable de douzaines d’obus et, peu après, le sol où nous nous trouvions ressemblait à s’y méprendre à un champ tout juste labouré. Je suis incapable d’expliquer comment nous nous en sommes tirés vivants. J’ai personnellement frôlé la mort durant ce bombardement, un obus ayant explosé à deux verges [mètres] de l’endroit où j’étais en train de creuser. La force de l’explosion m’a abruti et, pendant quelques minutes, j’ai perdu toute notion de la réalité. Cette expérience a été terrifiante et, je l’espère, ne se reproduira plus jamais. Après cinq heures d’attente angoissante, les choses se sont calmées et nous avons alors pu reprendre notre travail de creusage bien plus rapidement qu’au début. Toute la nuit, nous avons creusé sans répit et, au matin, nous avions complété et consolidé trois lignes de tranchées qui allaient pouvoir protéger efficacement le bataillon contre les tirs de mitrailleuses et les obus. »

Journal de John Mould

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Journal de John Mould, Vol. 5, p. 8, 1916

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Journal de John Mould, Vol. 5, p. 9, 1916

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Journal de John Mould, Vol. 5, p. 10, 1916

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Journal de John Mould, Vol. 5, p. 11, 1916

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Journal de John Mould
Vol. 5 pp. 8-11, 1916
Fonds John F. Mould
Code de référence : F 954
Archives publiques de l'Ontario

Après des attaques répétées, la tranchée Regina était enfin prise le 11 novembre.

Au cours de l’ultime attaque de la bataille de la Somme, la 4e Division du Canada s’empara de la tranchée Desire, située au nord de la tranchée Regina. Toutefois, la victoire alliée était encore très incertaine.

Photographie : Char d’assaut en route vers le camp, [vers 1918]

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Char d’assaut en route vers le camp, [vers 1918]
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-10-3
Archives publiques de l'Ontario, I0004813

Photographie : Explosion d’un obus de mortier de tranchée, [vers 1918]

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Explosion d’un obus de mortier de tranchée, [vers. 1918]
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-10-6
Archives publiques de l'Ontario, I0004816

Photographie : Des soldats canadiens bandent des blesses dans une tranchée durant la bataille du 15 septembre; les Canadiens y ont joué un grand rôle, capturant le village de Courcelette et faisant plusieurs prisonniers, 1916

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Des soldats canadiens bandent des blesses dans une tranchée durant la bataille du 15 septembre; les Canadiens y ont joué un grand rôle, capturant le village de Courcelette et faisant plusieurs prisonniers, 1916
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-9-7
Archives publiques de l'Ontario, I0004766

Photographie : Des blessés canadiens en route vers Blighty, [vers 1918]

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Des blessés canadiens en route vers Blighty, [vers 1918]
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-10-7
Archives publiques de l'Ontario, I0004817

Pour finir, le 19 novembre, les pluies abondantes mirent fin au combat dans la Somme. La 4e Division rejoignit le reste du Corps canadien à Vimy.

Photographie : Corps sur le champs de bataille après une charge canadienne, [vers 1918]

Les morts et les blessés alliés dans la Somme totalisèrent 650 000 hommes dont 200 000 morts. Les morts et les blessés canadiens se chiffrèrent à 24 029 hommes.

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Corps sur le champs de bataille après une charge canadienne, [vers 1918]
Photographe inconnu
Photographie noir et blanc
Albums du corps expéditionnaire canadien
Code de référence : C 224-0-0-9-19
Archives publiques de l'Ontario, I0004778

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