La vie des Canadiens de race noire en Ontario entre 1834 et 1914 : Communauté d’intérêts - bannière

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Dawn Mills, Canada-Ouest, le 22 novembre 1852

Monsieur le Révérend E. Ryerson, D.Th.,

Je vous prie de bien vouloir me pardonner la liberté que je prends en vous suppliant de prendre des mesures afin de remédier aux mauvais traitements dont j’ai fait l’objet de la part de la majorité des commissaires de la section scolaire n° 3 du canton de Camden, dans le comté de Kent. J’ai épuisé toutes les tentatives respectueuses dans les limites de mes capacités afin que mon fils de onze ans soit admis à l’école susmentionnée, mais, hélas, rien n’y fait. Ils disent que je suis un homme noir et qu’il serait prétentieux de ma part de daigner croire que mon fils puisse fréquenter l’école avec des enfants de Blancs, et cela, bien que je sois l’un des principaux contribuables de ladite section scolaire. Le montant d’impôts exigé de moi et dont je me suis acquitté cette année, se monte à 17 $, à quelques pennies près. Outre les douze journées de travail prévues par la loi, je suis propriétaire de trois cents acres de terrain, dont 80 à 90 acres sont cultivées presque au centre de ladite section scolaire. Me retrouver privé de mon droit de jouir du privilège d’envoyer mon enfant à l’école en raison du seul crime d’avoir une peau quelques tons plus foncée que celle de mes voisins, est une situation que je considère injuste. Je trouve également injuste que ces mêmes commissaires ont ouvert les portes de l’école à des enfants blancs qui habitent à l’extérieur du canton et sont allés jusqu’à inviter des Blancs du comté voisin à venir fréquenter ladite école et, par là même, de jouir du privilège d’envoyer autant d’élèves qu’ils le souhaitent, bien que tous ces gens mis en semble ne paient qu’un peu plus que moi en impôts. Ce que je viens de relater est véridique et je vous saurai donc gré de bien vouloir me recommander la marche à suivre et de régler les choses de manière à ce que mes enfants puissent s’instruire, car je ne puis les laisser grandir dans l’ignorance. Veuillez être assez bon, Monsieur le Révérend, de répondre aussitôt que vous en aurez l’occasion.

Votre serviteur le plus humble et le plus obéissant,
(Signature) Dennis Hill

P.S. Adresse : Dawn Mills
            Canada-Ouest

Lettre à Egerton Ryerson, surintendant principal de l’éducation,
de Dennis Hill, 22 novembre 1852
Fonds Alvin D. McCurdy
Code de référence : RG 2-12
Archives publiques de l'Ontario


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