La guerre de Sécession et la riposte contre les invasions des Fenians : L'Ontario à l'époque de la guerre de Sécession - bannière

L’Union, la Confédération et les relations extérieures

L’Ontario, que l’on appelait alors le Canada-Ouest, a profité d’une période de paix et de prospérité durant les années 1850 et au début des années 1860, malgré la guerre qui sévissait à proximité. Le Traité de réciprocité [libre-échange] avec les États-Unis et la demande de produits agricoles stimulée par la guerre entre la Grande-Bretagne et la Russie (la guerre de Crimée, 1854-1856) ont entraîné une hausse des revenus aux Canadas.

Bien que techniquement en guerre contre la Russie parce qu’il faisait partie de l’Empire britannique, le Canada-Ouest n’a participé que de façon limitée à ce conflit. Les relations avec les États-Unis s’étaient grandement améliorées au cours des périodes précédentes, et le Traité de réciprocité signé en 1854 assurait un marché régulier pour les produits de la terre canadiens.

Construction du pont de Grand Trunk Railway

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Building the Grand Trunk Railway Bridge
(Construction du pont de Grand Trunk Railway ),
Kingston Mills, 1856
Thomas Burrowes
Aquarelle
Code de référence : C 1-0-0-0-76
Archives publiques de l'Ontario, I0002195

La guerre de Sécession opposant les onze États formant la Confédération et le gouvernement fédéral a eu un effet direct sur la population du Canada-Ouest. La demande de produits agricoles a augmenté grâce au gouvernement américain qui s’y procurait les denrées nécessaires à l’alimentation des armées du nord. Même si cela était illégal en vertu de la Loi sur l’enrôlement à l’étranger, les Canadiens en quête d’excitation et d’aventure pouvaient s’engager dans l’armée fédérale ou des Confédérés (selon leurs convictions). Les estimations varient, mais on croit que jusqu’à 100 000 hommes de l’Amérique du Nord britannique ont servi durant la guerre de Sécession, la plupart dans l’armée de l’Union.

Bertie Township assessment roll

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Cadastre du canton de Bertie
Code de référence : F 1537-3-0-7
Archives publiques de l'Ontario

Cette image d’une page du cadastre du canton de Bertie de 1864 indique que ce dossier municipal servait aussi de registre militaire. La ville-frontière de Fort Erie est située dans le canton de Bertie.

La guerre a également créé des tensions le long des frontières entre les États-Unis et le Canada. En 1861, un incident entre un navire de guerre américain et un paquebot britannique a failli déclencher la guerre entre ces deux pays.

Bien que le conflit ait été réglé plus ou moins à l’amiable, les préparatifs militaires ont été entamés le long de la frontière. Les autorités canadiennes se sont efforcées d’accroître l’efficacité de la milice et d’améliorer sa formation.

À mesure que la guerre progressait, d’autres frictions ont fait leur apparition. Des agents de la Confédération et des prisonniers de guerre évadés se sont rendus jusqu’à Toronto et à Montréal et ont comploté une attaque contre les autorités fédérales en passant par le nord. Cela a justifié le resserrement des mesures de sécurité le long de la frontière américaine, entre autres l’annulation du Traité de réciprocité et l’introduction du contrôle des passeports à la frontière.

Après l’incursion d’un groupe de Confédérés dans la ville frontalière de St. Alban's, au Vermont, en 1864, le gouvernement canadien a institué une police frontalière pour s’assurer que cela ne se reproduise plus. À la fin de la guerre de Sécession, les relations entre le Canada et les États-Unis étaient peu cordiales.

Mouvement Fenian

Le mouvement Fenian a pris naissance en Irlande pour promouvoir la rébellion armée contre l’Empire britannique et s’est rapidement étendu jusqu’aux États-Unis, où il a profité de la solidarité des politiciens d’État et fédéraux. Devant l’échec de la rébellion en Irlande, l’aile américaine a commencé à voir l’Amérique du Nord britannique comme une cible potentielle. La force de police frontalière au Canada n’a pas tardé à se réorganiser pour parer cette nouvelle menace et a commencé à recueillir des renseignements sur les activités des Fenians des deux côtés de la frontière.

Ruban des invasions des Fenians, 1866

Ruban des invasions des Fenians, 1866
Fonds Henry Bull Wallis
Code de référence : F 923
Archives publiques de l'Ontario

Dans la ville de Welland, un comité de sécurité a été formé pour partir en reconnaissance dans le territoire environnant afin de repérer tout raid des Fenians contre le canal Welland.

Malgré les rêves d’invasions à grande échelle, les Fenians n’ont jamais monté plus que de petites attaques frontalières, la plus importante étant à Fort Erie en juin 1866. Mille hommes ont traversé la rivière Niagara et ont pénétré dans les terres jusqu’à ce qu’ils se heurtent à un corps de la milice. Après une courte escarmouche à Ridgeway, la milice s’est repliée. En une journée, des nouvelles selon lesquelles la milice et des membres de la force régulière britannique s’approchaient ont réussi à convaincre les envahisseurs de reculer derrière la frontière.

Bien que peu importante en termed d’effectifs, cette invasion et les rumeurs qu’elle a suscitées ont eu un effet majeur. Le gouvernement canadien a été submergé de comptes rendus sur d’autres franchissements de la frontière.

D’autres raids ont été organisés contre le Nouveau-Brunswick et les Cantons de l’Est du Québec, mais peu de combats ont eu lieu.

Henry Bull Wallis de Richmond Hill, en Ontario, vétéran des invasions des Fenians, a reçu ce ruban pour son service dans la milice à la bataille de Ridgeway, près de Fort Erie, en 1866,. En 1899, il a reçu la médaille ci-dessous pour son service lors de la défense contre un autre raid des Fenians en 1870.

Médaille du service general du Canada, 1899 (devant)

Médaille du service general du Canada, 1899 (devant)
Fonds Henry Bull Wallis
Code de référence : F 923
Archives publiques de l'Ontario

Médaille du service general du Canada, 1899 (dos)

Médaille du service general du Canada, 1899 (dos)
Fonds Henry Bull Wallis
Code de référence : F 923
Archives publiques de l'Ontario

Longtemps après la fin des invasions et des troubles frontaliers, le gouvernement a tenté de récompenser les hommes qui ont servi dans la milice.

Le certificat de localisation illustré ici, de la collection daffiches des Archives publiques de l'Ontario (C 233), confirme la concession de terres, en 1905, à Charles Bonnycastle, volontaire dans la milice au cours des invasions des Fenians. L’objectif immédiat du programme de concession de terres visait à récompenser les soldats qui avaient récemment combattu durant la guerre des Boers en Afrique du Sud. La contribution des vétérans durant les invasions des Fenians a également été reconnue et incluse dans ce programme de concession de terres. Consultez aussi la description des dossiers de concession de terres aux vétérans des invasions des Fenians et de la campagne sud-africaine de la série RG 1-99.

Certificat de localisation, 1905

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Certificat de localisation, 1905
Collection d'affiches des Archives publiques de l'Ontario
Code de référence : C 233-1-3-2159
Archives publiques de l'Ontario

Sources :

Robin Winks. Canada and the United States: The Civil War Years. Montreal: McGill-Queen’s Press, 1998.

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