Photo: Walnut farm, home of Judah Lundy and  his family
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Walton Farm, la maison de Judah Lundy et
de sa famille, des membres prospères des Enfants de la paix
Archives du Sharon Temple Museum

Un peu avant 1832, les Enfants de la paix ont bâti une « Maison des affligés » où l’on offrait de l’aide conformément aux principes de la « charité chrétienne ».

Il faut examiner ce refuge dans le contexte de leur système économique local dont l’objectif était d’aider les membres de la collectivité à maintenir leur autonomie économique et politique. On accueillait et on nourrissait toute personne pauvre dans le besoin, mais on fournissait à celles physiquement en mesure de travailler, mais sans emploi que le lieutenant-gouverneur aimait décrire comme des « pauvres non-méritants » les moyens de devenir économiquement autonome.

Les Enfants de la paix n’étaient pas une commune, mais le partage des terres, la coopérative et la caisse de crédit encourageaient chaque membre à la réussite personnelle.

Ces méthodes économiques innovatrices ont été élaborées afin de régler le problème de la pauvreté à sa source. Leur formule d’économie coopérative était si efficace qu’en 1851, année du premier recensement complet, Hope était la collectivité la plus prospère en Ontario.

Photo: Oldest known image of the Sharon Temple
This glass negative photograph is the oldest known
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Sharon Temple Museum Archives

Nous pouvons examiner les différences entre la Maison des affligés qu’ils avaient construite et la Maison de l’industrie proposée par Sir Francis Bond Head, ancien commissaire adjoint de l'Assistance publique, et le premier lieutenant-gouverneur civil de la province. La loi amendant la loi sur les pauvres (Poor Law Amendment Act) était le résultat d’un long et rancunier débat sur les moyens appropriés de soulager les Anglais pauvres.

La Maison de l’industrie était fondée sur le principe que les conditions à l’intérieur de la Maison devaient être pires que les conditions à l’extérieur de ses murs afin de décourager les gens d’y demander de l’aide.

Ce sont les asiles des pauvres décrites par Dickens dans David Copperfield. Pour être en mesure d’établir ces maisons de l’industrie ici, Bond Head avait passé une loi en 1837, en plein milieu d’une dépression économique générale, qui permettait à deux juges de paix d’incarcérer indéfiniment toute personne capable de travailler, mais sans emploi.

Ce n’est qu’en plaçant leur système économique en contexte que l’on peut comprendre pourquoi les Enfants de la paix ont consacré tant de leurs efforts à construire leur temple très orné et dispendieux.

Cet immeuble symbolisait leur désir « d’offrir un sacrifice à Dieu, de nourrir ceux qui ont faim et de vêtir ceux qui sont nus ». - Tiré d’une brochure sans titre de David Willson, cité dans le manuscrit (AO Ms 188, le 24 juin 1831.)

Constamment attaqués par l’élite de la province sur le plan juridique et politique, ils justifiaient leur économie coopérative dans des termes religieux. En construisant le temple, ils avaient montré à leurs voisins qu’ils étaient le peuple élu de Dieu et que les mesures de rechange qu’ils préconisaient avaient une valeur légitime sacrée.

Donner aux pauvres ne constituait pas simplement un geste qui devait être réglementé par des lois sur les pauvres, mais constituait une obligation morale ordonnée par Dieu. C’est cette même obligation morale qui a poussé les réformistes comme eux à établir le Magasin de l’agriculteur et la Banque du Peuple. Dans chaque cas, les réformistes cherchaient à créer une sorte d’organisation économique particulière afin de répondre aux problèmes de dette. Par conséquent, les pauvres ont fini par participer à des organisations qui favorisaient des valeurs et des compétences démocratiques différentes.