Préservation des panoramas de William Thomson Freeland : Évaluation initiale - bannière

Pour créer une aire de travail temporaire, on a converti en laboratoire de conservation temporaire une salle d’entreposage de Queen's Park où l’on range normalement des décorations de Noël et des tentures inutilisées. On y a monté une grande table pouvant recevoir une photographie à la fois. On a d’abord évalué et traité la photo prise en hiver. Les renseignements obtenus et les matériaux et processus utilisés lors de l’examen de la première photo ont aussi servi pour celle prise en été.

Photographie : Dépose du cadre d’un panorama
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Dépose du cadre d’un panorama

Les dommages subits par le substrat et le cadre de cette dernière étaient toutefois moins extensifs. Cela est probablement dû au fait que, lors de la découverte des photographies, celle prise en été se trouvait sous celle prise en hiver et était donc protégée. L’évaluation et le traitement de la photo prise en hiver sont présenté en détail ci-dessous.

Les photographies se trouvant alors dans un milieu plus hospitalier, on a effectué une inspection initiale pour noter tout problème ou toute préoccupation d’ordre général. On a établi un plan d’action et le traitement a commencé.

La première photo à examiner était celle prise en hiver; la première étape consistait à la retirer de son cadre, peut-être pour la première fois en plus de 90 ans.

Évaluation initiale du panorama hivernal


Les parties vernies du panorama présentaient un ton jaunâtre chaud et un écart des luminances limité. Les parties non vernies, le long des bords, à l’extérieur de l’ouverture du cadre, présentait en un ton froidet grisâtre et un plus grand écart des luminances. Outre la décoloration, des dommages physiques importants étaient également évidents.

Photographie : Détail montrant des dommages typiques le long des bords de la photographie
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Détail montrant des dommages typiques le long des bords de la photographie, surtout autour des clous qui traversent l’épreuve, le métal auquel la photo adhère (son « dos protecteur ») et le support de montage en bois.

Après l’examen visuel, on a effectué des essais de solubilité à l’aide d’eau et d’alcool sur une partie non vernie, le long du bord du panorama, pour identifier le genre d’épreuve photographique. On a alors noté que l’épreuve ne gonflait pas quand on l’hydratait. Ces résultats, ainsi que l'âge de la photographie et les discussion avec d'autres conservateurs, confirment notre identificatio;n les panoramas Freeland sont des épreuves sur gélatine-argent.

Épreuves photographiques


Une photo est une image fixe rendue visible grâce à l’action de la lumière sur une composante ou un support photosensible. Les photos sont d’ordinaire composées d’un support (comme le papier, le verre ou le plastique) qui est couvert d’une couche qui porte l’image (l’émulsion).

La détection du processus de l’épreuve photographique panoramique a été faite au moyen d’essais non destructifs et en consultation avec d’autres conservateurs. Les panoramas de Freeland semblent être des épreuves sur gélatine-argent en noir et blanc très dégradé.

Épreuves sur gélatine-argent


Les épreuves sur gélatine-argent sont composées de sel chloré argenté photosensible suspendu dans un liant de gélatine. Bon nombre d’épreuves sur gélatine-argent possèdent aussi une couche intercalaire entre la couche qui porte l’image (l’émulsion) et le support qu’on appelle la couche barytée. Le support est le papier.

Les épreuves en noir et blanc risquent fortement d’être endommagées par l’humidité relative et les produits chimiques oxydants. Les émulsions de gélatine ont aussi tendance à former de la moisissure en cas d’humidité relative plus élevée.

Les photographies des panoramas de William Thomson Freeland


Photographie : Épreuves au collodion

Les couches des panoramas de William Thomson Freeland :

  • Émulsion - Couche portant l’image composée de sels chlorés argentés photosensibles suspendus dans un liant de gélatine
  • Baryta - Une couche crayeuse, très blanche, ajoutée pour donner plus de luminosité optique à l’épreuve
  • Support en papier - Dans le cas pr ésent, un papier mince et friable, souvent fait en pâte de bois

Dommages subis par les épreuve


Les deux épreuves ont subi des dommages matériels importants. Les pertes de papier et d’émulsion étaient concentrées sur la bordure des photos, probablement en raison de la manutention et de l’abrasion causée par le cadre. Les photos étaient détachées du dos en métal le long des déchirures. Celles-ci étaient souvent associées aux clous, aux dommages causés par l’eau et aux pertes d’image.

Photographie : Détail montrant des lignes de crasse et une perte d’image par suite de dommages causés par l’eau et peut-être en partie par l’application du vernis.
Détail montrant des lignes de crasse et une
perte d’image par suite de dommages causés
par l’eau et peut-être en partie par l’application
du vernis.

Photographie : Dommages dus aux actions mécaniques. Détail montrant un morceau qui s’est détaché de la photographie.
Dommages dus aux actions mécaniques. Détail
montrant un morceau qui s’est détaché
de la photographie.

Photographie : Détail du panorama hivernal montrant une perte dans la partie image, probablement due à de l’eau.


Il y avait plusieurs taches ou lignes de crasse, allant de couleur ambre à brunâtre, et l’image présentait dans l’ensemble un reflet jaunâtre à cause du vernis. Certaines parties présentaient un ton rougeâtre et de petites accumulations rosâtres.

Détail du panorama hivernal montrant une perte dans la partie image, probablement due à de l’eau.

Photographie : Une vue en coupe montrant le haut de l’épreuve sur gélatine-argent, soulevée et déchirée du bord du dos protecteur en métal.
Une vue en coupe montrant le haut de l’épreuve sur gélatine-argent,
soulevée et déchirée du bord du dos protecteur en métal.
On voit aussi des clous qui ont transpercé l’épreuve,
le dos protecteur en métal et le support de montage en bois.