L'Ontario français durant les 17e et 18e siècles : Ressources et commerce - bannière

Table des matières


Les ressources naturelles étaient essentielles pour la survie économique de la Nouvelle-France et elles constituaient le principal motif pour l’intérêt de la France envers ses possessions nord-américaines. Le commerce était le moteur de la Nouvelle-France. Le riche potentiel de la colonie fut exprimé par un des plus importants colons, Pierre Boucher, en 1663 :

« Parlant de la Nouvelle-France en général, je peux dire que c’est un bon pays & qui contient en soy une bonne partie de ce que l’on peut désirer (. ..) Le Pays est couvert de très-belles & épaisses forests, lesquelles sont peuplées de quantités d’animaux, & de diverses espèces (…) Il y a aussi plusieurs mines, à ce qu’on dit : ce dont je suis asseuré, c’est qu’il y en a de fer et de cuivre à plusieurs endroits; diverses personnes dignes de foy m’ont asseuré qu’il y en a une de plomb fort abondante, & qui n’est pas bien loin de nous. »

Boucher, Pierre. Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la
Nouvelle-France / ré-édité by G. Coffin.
Code de référence : Pamph 1882, #53
Archives publiques de l'Ontario, p. 12-14

Photographie : Boucher monument, Québec, 1923

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Boucher monument, Quebec, 1923
M. O. Hammond
Photographie noir et blanc
Code de référence : F 1075 H803
Archives publiques de l'Ontario, I0001289

Le commerce des fourrures - bannière

Le principal produit d’exportation de la Nouvelle-France était la fourrure en provenance de l’intérieur, surtout celle du castor. Au début, le commerce prenait place à des comptoirs situés sur le Saint-Laurent (Tadoussac, Québec, Trois-Rivières, Montréal). Cette façon d’agir changea graduellement et, au milieu du 18e siècle, les marchands de Montréal transportaient leurs produits dans l’intérieur et les échangeaient pour des fourrures; ils les revendaient ensuite à des compagnies (des monopoles pendant la majeure partie du régime français) qui les expédiaient en Europe.

Les Français contrôlaient la plus grande partie du commerce des fourrures à l’époque, moins de 40% des peaux transitant par les comptoirs anglais. Les Premières nations échangeaient les pelleteries pour des produits européens comme des ustensiles et des outils de métal, des couvertures en laine, de l’alcool et des armes à feu.

Photographie : Fur trade artefacts found on Hudson's Bay Company site at Fort Severn, 1959 (1)

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Fur trade artefacts found on Hudson's Bay
Company site at Fort Severn, 1959
John Macfie
Photographie noir et blanc
Code de référence : C 330-9-0-0-68
Archives publiques de l'Ontario, I0000262

Photographie : Fur trade artefacts found on Hudson's Bay Company site at Fort Severn, 1959 (2)

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Fur trade artefacts found on Hudson's Bay
Company site at Fort Severn, 1959
John Macfie
Photographie noir et blanc
Code de référence : C 330-9-0-0-69
Archives publiques de l'Ontario, I0000263

Les images ci-dessus montrent certains objets utilisés dans le commerce des fourrures. La liste ci-dessous, par le baron de Lahontan, inclut des biens échangés par les Français et les Premières nations.

Liste de marchandises, dans Mémoires de l’Amérique septentrionale ou suite des voyages - [Page 69]

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Liste de marchandises, dans Mémoires de l’Amérique septentrionale ou suite des voyages - [Page 70]

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Liste de marchandises, dans Mémoires de l’Amérique septentrionale ou suite des voyages - [Page 71]

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Liste de marchandises, dans Mémoires de l’Amérique septentrionale ou suite des voyages - [Page 72]

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Liste de marchandises, dans Mémoires de l’Amérique septentrionale ou suite des voyages
de Mr Le baron de Lahontan dans l’Amérique septentrionale (…).
La Haye, Frères Honoré, 1704, p. 69-72.
Bibliothèque des Archives publiques de l'Ontario, 971.01 LAH.

Image reproduite avec la permission de Notre mémoire en ligne (http://www.canadiana.org/eco/index.html),
un projet de l'Institut canadien de microreproduction historique.

Cette carte d’Henri Châtelain illustre l’intérieur du continent en plus d’inclure une liste de ses ressources et des populations locales.

Carte particulière du Fleuve Saint Louis dressée sur les lieux avec les noms des sauvages du païs, des marchandises qu'on y porte & qu'on en reçoit & des animaux, insectes, poissons, oiseaux, arbres & fruits des parties septentrionales et méridionales de ce païs. 1719.

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Châtelain, Henri. Carte particulière du Fleuve Saint Louis dressée sur les lieux avec les noms des sauvages du païs, des marchandises qu'on y porte & qu'on en reçoit & des animaux, insectes, poissons, oiseaux, arbres & fruits des parties septentrionales et méridionales de ce païs. 1719.
Collection cartographique des Archives publiques de l'Ontairo, C 279-0-0-0-10
Code de référence : AO 2419
Archives publiques de l'Ontario, I004754

 

Voyageurs et coureurs des bois - bannière

La tâche de transporter les marchandises européennes jusqu’aux Premières nations et de ramener les fourrures à Montréal était confiée aux voyageurs, des hommes engagés pour leur capacité à voyager sur de longues distances en transportant de lourdes charges. C’était un dur labeur : ils devaient pagayer pendant douze heures ou plus chaque jour sur les rivières et les lacs menant vers l’intérieur et transporter les marchandises sur leur dos lors des portages (sentiers entre voies d’eau). Le trajet de Montréal jusqu’au comptoir de Michilimakinac (près de Sault Ste. Marie) prenait deux mois.

Painting: The Short Portage -- The Carrying Place, La Salle on the way over the Humber River to the Holland River and on to Lake Simcoe

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The Short Portage -- The Carrying Place, La Salle on the way over the Humber
River to the Holland River and on to Lake Simcoe
George A. Reid
huile sur toile, 29,8 x 87,6 cm
Collection d'oeuvres d'art du gouvernement de l'Ontario, 632970

Les coureurs des bois étaient les aventuriers de la Nouvelle-France. Leur commerce illicite avec les Premières nations et les commerçants anglais faisaient d’eux des hors-la-loi aux yeux du gouvernement de la colonie.

« Les coureurs de bois portent d’ici (Montréal) tous les ans des Canots pleins de marchandises chez toutes les Nations Sauvages de ce Continent, d’où ils rapportent de bons Castors, J’en ai vu revenir il y a sept ou huit jours vingt-cinq ou trente chargés excessivement. Il n’y avoit que deux ou trois hommes pour conduire chaque Canot, qui portoient vingt-quatre quintaux pesant [approximativement 1100 kilogrammes], c'est-à-dire quarante paquets de Castors valant cent écus chacun. Ils avaient demeuré un an ou dix-huit mois en leur voyage. »

Nouveaux voyages de Mr Le baron de Lahontan (...).
La Haye, Frères Honoré 1704, p.26.
Bibliothèque des Archives publiques de l'Ontario, 971.01 LAH


Les autorités religieuses condamnaient leur trafic de l’alcool et leur façon de vivre à la manière autochtone. Les autorités coloniales usaient de diverses mesures pour venir à bout des problèmes causés par les coureurs des bois.

Celles-ci incluaient des monopoles locaux accordés aux commandants des forts, des « congés » et des punitions allant des amendes et de la confiscation des marchandises à l’emprisonnement.

Ces mesures limitèrent le nombre de coureurs des bois, mais n’entraînèrent pas leur disparition.

À la longue, le coureur des bois devint le symbole d’une vie libre et aventureuse. Les descendants de coureurs des bois et de femmes autochtones devinrent une nouvelle nation, les Métis.

Janet Woppumnaweskum, Metis woman
Rupert's House, [vers 1869]
Bernard Rogan Ross
Photographie noir et blanc
Code de référence : F 2179-1-0-0-12
Archives publiques de l'Ontario, I0005106

Photographie : Janet Woppumnaweskum, Metis woman

 


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