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Avant le traité

« Nous avions des rapports établis par traité avec nos voisins. Nous avions des traités avec le territoire et les créatures avec qui nous partageons le territoire. Dans notre langue, le terme qui signifie traité est naskumituwin (un accord verbal). Le mot ou la promesse d’une personne étaient considérés sacrés. »

-Omushkego Education


Les peuples autochtones habitent sur les territoires couverts par le Traité de la baie James depuis des temps immémoriaux. Les Omushkegowuks habitent principalement dans les basses terres de la baie James et de la baie d’Hudson, tandis que les Anishinaabes habitent traditionnellement dans l’intérieur des terres principalement, plus près de la ligne de partage qui divise les bassins versants de la baie James et de la baie d’Hudson de ceux au sud.

Modes de vie

Traditionnellement, les Omushkegowuks se percevaient comme étant les gardiens de leur terre natale, et continuent de se percevoir ainsi. Le territoire constitue la base de leur société - quelque chose qui, selon eux, leur est offert par le Créateur et qui ne peut s’acheter ou se vendre.

« Ainsi, nous étions le premier peuple à habiter ces terres et ces eaux, la vaste région que nous appelons notre terre natale. (…) Le territoire ne nous appartient pas et ne nous a jamais appartenu. Nous avons été placés ici pour veiller sur lui. Il nous revient de veiller sur lui et de l’utiliser. Il nous revient de le léguer aux générations futures. Nous étions toujours disposés à partager, tant que notre survie et notre bien-être ne s’en trouvaient pas menacés. » (traduction libre)

-Mushkegowuk Council


Les animaux sont essentiels à la vision omushkegowuk du monde. Ils fournissent des ressources, incluant la nourriture, le logement, les vêtements et les outils.

Les générations ont transmis les connaissances traditionnelles à propos de la chasse et de la pêche ainsi que d’autres compétences au moyen de la formation pratique.

[Aîné anishinaabe] Henry Kechebra appelant l’orignal, réserve de Mattagami, 1959
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[Aîné anishinaabe] Henry Kechebra appelant l’orignal, réserve de Mattagami, 1959
John Macfie fonds
C 330-14-0-0-22
Archives publiques de l’Ontario, I0012427



« Nous avons fait preuve de respect envers les animaux qui nous ont permis de subvenir à nos besoins. Nous avons joué du tambour et chanté pour eux. Nous avons dansé et célébré, et nous le faisons encore aujourd’hui. Nous avions, et avons toujours, des liens spirituels avec tous les organismes vivants. » (traduction libre)

-Omushkego Education


Les Omushkegowuk se fiaient à leur connaissance des cycles des saisons et du territoire. Les récits oraux témoignent du fait qu’ils formaient un peuple fort et en santé avec une histoire, une langue et une culture riches, depuis des temps immémoriaux.

« Nos techniques de chasse spécialisées nous ont permis d’observer, de nous adapter, de comprendre et de prévoir les cycles intemporels de la faune en relation avec les saisons récurrentes [le printemps (sikwan), l’éclosion de la terre (miloskamin), l’été (nipin), l’automne (takwakin), le gel (mikiskaw) et l’hiver (pipon)], les climats et les températures qui avaient une incidence sur toutes les formes de vie ainsi que sur nos propres vies.  Il nous a fallu des milliers d’années pour acquérir et accumuler toutes nos connaissances, pour les respecter et les utiliser pour bien vivre [(milo pimatisiwin)]. » (traduction libre)

- On the Path of the Elders







Le territoire couvert par le Traité de la baie James abrite les rivières Abitibi, Moose, Albany et d’autres rivières puissantes, ruisseaux et lacs au nord de la ligne de partage qui finissent tous par se jeter dans la baie d’Hudson ou la baie James. Traditionnellement, ces cours d’eau fournissaient de l’eau potable, des sources de nourriture, un moyen de transport et une valeur culturelle et spirituelle.

Joe Carpenter et sa famille [vers 1905]
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Joe Carpenter et sa famille [vers 1905]
Duncan Campbell Scott fonds
C 275-2-0-1 (S 7685)
Archives publiques de l’Ontario, I0010713

Visionner un diaporama de photographies

Cliquez ci-dessous pour visionner un diaporama de photographies aériennes des rivières et lacs importants compris sur le territoire couvert par le Traité de la baie James

Vagues de changement


À compter de la fin des années 1600, des contacts ont lieu entre les peuples autochtones du bassin versant de la baie James et les nouveaux arrivants européens (explorateurs et commerçants). Les peuples autochtones, qui gèrent leurs propres ressources, échangent des baies, des plantes, des médicaments et d'autres biens naturels renouvelables avec les Européens. Ils fournissent une expertise de chasse pour le commerce des fourrures en échange de biens nouveaux pour leurs sociétés. Ils aident les commerçants européens à survivre, mais maintiennent en grande partie leur mode de vie. Ils chassent et pêchent sur leurs territoires familiaux, parlent leurs langues, élèvent leurs familles et pratiquent leurs traditions.

En 1670, le roi Charles II d’Angleterre signe une charte royale qui établit la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) et lui confère les droits exclusifs de coloniser et de commercer dans « tous les territoires se jetant dans la baie et le détroit d’Hudson. » Charles nomme ce territoire « Terre de Rupert » en l’honneur de son cousin. Ce territoire comprend une bonne partie de ce qu’on appelle le Nord du Canada et même de petites parcelles du Nord des États-Unis.

La charte ne créait aucuns droits politiques ou juridiques sur les Omushkegowuks et les autres peuples autochtones qui résidaient sur le vaste territoire. Et les Omushkegowuks continuèrent d’appeler le territoire de la même manière qu’ils l’avaient toujours fait : nitaskiinan.

John Cary, « A new map of Upper & Lower Canada, from the latest authorities », 1807
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John Cary, « A new map of Upper & Lower Canada, from the latest authorities », 1807
Bibliothèque et Archives Canada, R11981-667-7-E, MIKAN no 4145477

À la fin des années 1600, les Anglais et les Français rivalisent pour le contrôle des postes de traite autour de la baie d’Hudson et de la baie James. La CBH établit des postes à Moose Factory en 1673 et à Fort Albany en 1679, et des postes plus à l’intérieur des terres à la fin des années 1700. Dès 1870, la CBH compte 97 postes sur la Terre de Rupert. Ces postes deviennent le cœur de relations commerciales et de rassemblements sociaux en été. Des pactes conclus entre les peuples autochtones habitant sur le territoire et la CBH — à l’aide de protocoles qui faisaient en sorte de conclure des espèces d’alliances — rendent le commerce possible.

En 1821, la CBH fusionne avec une autre société commerciale, la Compagnie-du-Nord-Ouest. Avec cette fusion, le monopole qu’exerce la CBH sur le commerce des fourrures s’étend jusqu’à l’océan Pacifique.

« Au début, la vie était bonne pour nos populations, alors que les trappeurs voyaient leurs efforts récompensés et profitaient de la nouvelle technologie offerte par les Européens. Au lieu des arcs et des flèches, nous troquions maintenant contre des armes en acier. Au lieu des assommoirs en bois, nous faisions maintenant l’acquisition de pièges en acier. Nous troquions également nos fourrures contre des chaudrons, poêles, couteaux, haches et autres ustensiles en acier. Nous avons même observé les Européens danser sur des airs de violon et nous avons tellement aimé cela que nous avons appris leurs danses et leurs chansons sur nos propres violons. Nous avons même intégré des aliments des Européens comme la bannique, le thé, le sucre et le lard à nos régimes alimentaires traditionnels. » (traduction libre)

- On the Path of the Elders



Vue de l’ancienne fabrique à Moose Factory [vers 1867]
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Vue de l’ancienne fabrique à Moose Factory [vers 1867]
Collection de photographies du capitaine Traill Smith
F 2179-2-0-0-22
Archives publiques de l’Ontario, I0005078

Vue du port et du fort à Moose Factory durant l’été [vers 1869]
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Vue du port et du fort à Moose Factory durant l’été [vers 1869]
Collection de photographies du capitaine Traill Smith
F 2179-2-0-0-16
Archives publiques de l’Ontario, I0005072

À la suite de la Confédération du Canada en 1867, le premier ministre John A. Macdonald et d’autres politiciens cherchent à acquérir la Terre de Rupert pour une expansion vers l’ouest. Pour sa part, la CBH ne souhaite plus assumer la responsabilité des coûts financiers élevés de l’administration du territoire. La Grande-Bretagne, qui se méfie des projets des États-Unis d’annexer le territoire, convainc la CBH de transférer les titres de la Terre de Rupert à la Couronne en 1869 pour la somme de 1,5 million de dollars. Le Canada avait consenti à une « promesse de protection » garantissant qu’il protégerait les intérêts des peuples autochtones résidant sur le territoire.

L’annexion par le Canada de la Terre de Rupert laisse présager d’autres changements. À la fin des années 1800, de nombreux Autochtones du bassin versant de la baie James — en particulier ceux vivant près de la ligne de partage — sont confrontés à un déclin des ressources animalières, à la faim et aux maladies amenées par les Européens, ainsi qu’à des braconniers et prospecteurs miniers indésirables arrivant par le biais du nouveau chemin de fer sur leurs territoires traditionnels. À mesure que les problèmes s’aggravent, les peuples autochtones commencent à presser le Canada de conclure un traité.

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