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Un journal découvert

La compréhension croissante de l’importance qu’a eue le journal intime de Daniel G. MacMartin, conservé aux Archives de l’Université Queen’s a mené à un nouveau chapitre dans l’histoire du Traité de la baie James. Le journal documente les réflexions et expériences du représentant du gouvernement provincial durant l’expédition menant à la signature du traité de 1905, y compris des passages importants qui documentent les promesses orales faites par les commissaires aux signataires autochtones.

« Henry Reuben affirme qu’il était assis là et qu’il les a vus [le groupe des commissaires du traité] écrire les choses importantes. Quelqu’un s’occupait d’écrire. Alors voilà ce qui est perdu. Peut-être refera-t-il surface un jour. Je crois en la Bible. La Bible dit que les choses énoncées dans les ténèbres seront également énoncées dans la lumière. C’est comme cela que je le comprends. …Cela sera dit un jour. » (traduction libre)

-James (Jeemis) Wesley, aîné Omushkegowuk
Conférence sur les promesses du traité, Kashechewan, 17 novembre 1987


À l’instar de nombreux documents d’archives, le journal intime de MacMartin a eu un parcours compliqué. À la suite du décès de MacMartin en 1923, le journal est revenu à son fils, qui l’a offert au poète Wallace H. Robb dans les années 1950. Robb a fait don du journal à l’Université Queen’s en 1968. Pendant de nombreuses années, le journal a été mal étiqueté (possiblement par le donateur), ce qui obscurcit l’importance du document. Il fallut attendre les années 1990 avant que les chercheurs commencent à saisir toute son importance pour l’interprétation du Traité no 9.


[Daniel MacMartin, détail d’une photo des commissaires Stewart, MacMartin et le groupe du traité, vers 1905]
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[Daniel MacMartin, détail d’une photo des commissaires Stewart, MacMartin et le groupe du traité], [vers 1905]
Fonds Duncan Campbell Scott
C 275-2-0-1 (S 7680)
Archives publiques de l’Ontario, I0010638


Photo de pages tirées du journal de MacMartin
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Photo de pages tirées du journal de MacMartin
Avec la permission des Archives de l’Université Queen’s

Le journal de MacMartin contient des renseignements, écrits au crayon, concernant différents aspects du voyage de 1905, y compris le trajet, la météo et les points de vue sur le potentiel minier du territoire. Pourtant, ce sont ses passages sur les cérémonies de signature du traité qui pourraient revêtir la plus grande importance : une preuve documentaire que les commissaires ont promis aux signataires autochtones que leurs collectivités pouvaient chasser et pêcher comme elles l’avaient toujours fait. Il est à noter que le journal est muet quant à toute explication de ladite « clause de prise des terres ».

Journal de Daniel G. MacMartin [page 30], 1905
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Journal de Daniel G. MacMartin [page 30], 1905
Collection Daniel George W. MacMartin
CA ON00239 F00149
Archives de l’Université Queen’s


« Lorsqu’il leur a été expliqué qu’ils pouvaient chasser et pêcher comme ils l’ont toujours fait et qu’ils n’étaient pas restreints quant au territoire, la réserve constituant simplement un lieu de résidence pour eux où aucun homme blanc ne pouvait s’immiscer ou s’introduire, que la terre était à eux pour toujours, ils ont volontiers accepté la situation, et déclarèrent qu’ils régleraient la question de la réserve plus tard... » (traduction libre)

Marten Falls, 25 juillet 1905 (emphase ajoutée)




Diary of Daniel G. MacMartin, 1905
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Journal de Daniel G. MacMartin [pages 44-45], 1905
Daniel George W. MacMartin Collection
CA ON00239 F00149





« (...) qu’une réserve serait mise de côté pour eux, attribuant à chaque famille de 5 personnes un mille carré, qu’ils n’étaient pas obligés de vivre sur cette terre tant qu’ils n’en auraient pas envie, qu’ils pourraient suivre leurs coutumes de chasse là où il leur plairait; cette superficie serait simplement mise de côté comme leur appartenant, sur laquelle aucun homme blanc ne pourrait s’immiscer ou s’introduire sans leur permission… » (traduction libre)

-Moose Factory, 9 août 1905 (emphase ajoutée)



Journal de Daniel G. MacMartin [pages 44-45], 1905
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Journal de Daniel G. MacMartin [pages 53-54], 1905
Collection Daniel George W. MacMartin
CA ON00239 F00149
Archives de l’Université Queen’s



« Ce matin, trois représentants des Indiens de la bande se sont réunis en conseil et se sont fait expliquer les conditions du Traité (...) une réserve ou un lopin de terre serait mis de côté et arpenté dans un avenir rapproché pour leur usage et avantage exclusifs et sur lequel ils ne seraient pas obligés d’habiter, et ils ont également été autorisés comme jadis à chasser et à pêcher là où bon leur semble (...) » (traduction libre)

-New Post, 21 août 1905 (emphase ajoutée)

Pourquoi MacMartin a-t-il rédigé ces passages dans son journal? Puisqu’il documente de plus en plus de détails sur les cérémonies à mesure que le voyage de 1905 progresse, certains universitaires croient que MacMartin était devenu sceptique à propos de la façon dont les commissaires expliquaient le traité aux signataires autochtones comparativement aux mots contenus dans le document écrit.

Des documents rédigés par d’autres membres de la délégation du traité contiennent également des passages similaires. 

Journal de Samuel Stewart, 1905
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Journal de Samuel Stewart, 1905
Bibliothèques et Archives Canada, RG 10, volume 11399, pages 126-127, bobine de microfilm T-6924, MIKAN no 2099559

« Comme d’habitude, le point sur lequel les Indiens désiraient des renseignements complets concernait les conséquences que le traité aurait sur leurs droits de chasse et pêche. Une fois rassurés que ces droits ne leur seraient pas enlevés, ils exprimèrent une grande joie et leur volonté de signer le traité, ce qui fut fait par conséquent, et les signatures dûment certifiées. » (traduction libre)

-New Post, 21 août 1905 (emphase ajoutée)



Duncan Campbell Scott, « The Last of the Indian Treatie
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Duncan Campbell Scott, « The Last of the Indian Treaties », Scribner’s Magazine (novembre 1906), page 578
Collection diverse
F 775
Archives publiques de l'Ontario,
F-775_MU2128_006
[Article également accessible en ligne]



« (...) on leur a assuré qu’on ne s’attendait pas à ce qu’ils renoncent à leurs territoires de chasse, qu’ils pourraient chasser et pêcher dans tout le pays comme ils l’avaient fait par le passé, mais qu’ils devaient être de bons sujets du Roi, leur grand père, dont ils étaient les messagers. » (traduction libre)

-Duncan Campbell Scott décrivant la signature du traité à Fort Hope (emphase ajoutée)

« L’Ontario (...) a fait l’acquisition de presque toutes ses terres à un prix, et a tout de même concédé aux Indiens tous les privilèges de chasse et de commerce qu’ils ont toujours possédés. » (traduction libre)

-Pelham Edgar, secrétaire de l’expédition de la commission
pour la signature du traité de 1906, novembre 1906



Depuis les années 1990, la Cour suprême du Canada s’est prononcée dans l’affaire R. c. Marshall, l’affaire R. c. Morris et d’autres affaires et a jugé que les promesses orales faites au cours des négociations font partie du traité. Les signataires autochtones du Traité de la baie James Bay Treaty ont commencé à inclure le journal de MacMartin à titre de preuve fondamentale dans les actions en justice sur des questions liées au traité. À mesure que les recherches se poursuivent, de plus amples renseignements à propos des cérémonies, promesses et autres aspects du traité seront forcément découverts.

En quoi le journal de MacMartin change-t-il notre compréhension du Traité de la baie James?

En quoi le journal de MacMartin change-t-il


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