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Harry entend l’appel au combat



« Nous ne devons pas oublier notre devoir premier envers notre pays, peu importe la pression de nos désirs pour nous mener ailleurs. »

(Harry, le 3 février 1916)

Après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, le 28 juin 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie et à la France. La Grande-Bretagne et la France répliquent en déclarant conjointement la guerre à l’Allemagne le 4 août 1914. Parce qu’ils font partie de l’Empire britannique, le Canada et l’Australie se retrouvent automatiquement en guerre contre l’Allemagne.

Dans les quatre années qui suivront, plus de 628 000 Canadiens serviront dans les forces armées.

En juillet 1915, Harry Mason s’enrôle comme lieutenant dans le Corps expéditionnaire canadien et sa participation à l’effort de guerre le ramène en Ontario pour son entraînement. La première lettre de Harry en tant que soldat est datée du 16 décembre 1915 et indique comme adresse de retour « 80th Bn. CEF, C Company, Napanee (Ont.) ». Elle est écrite sur le papier à en-tête du 80e Bataillon. Harry y décrit avec enthousiasme la vie d’un soldat en entraînement et y explique qu’il s’attend à être promu au grade de capitaine sous peu.

Harry est en mesure de visiter Toronto dès sa première permission. Il passe, sans doute pour la première fois, une journée avec Sadie, qu’il qualifiera de « la plus satisfaisante et la plus plaisante des journées jamais vécues ». À son retour au camp, il prendra des dispositions pour envoyer un cadeau à Sadie : un chien qu’il nomme « Lord Roberts II » ou « Bobs ».

Lettre de Harry Mason à Sadie Arbuckle, le 3 février 1916
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Lettre de Harry Mason à Sadie Arbuckle, le 3 février 1916
fonds Sadie Arbuckle
Code de référence : F 848
Archives publiques de l'Ontario, I0070108

« Cher Harry, il me tardait de vous écrire pour vous faire savoir que votre petit “Bobs” vient d’arriver et que tous ici l’adorent déjà. Maman lui a préparé un souper, mais il lève le nez sur son bol. La pauvre petite créature se languit. Ce soir, pour la première fois, j’aurais souhaité ne jamais travailler dans un bureau pour ne plus quitter Bob. »

29 December 1915

Le père de Harry Mason, William E. Mason, avec un chien devant la maison de la famille Mason, [vers 1915-1920]
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Le père de Harry Mason, William E. Mason,
avec un chien< devant la maisonbr /> de la famille Mason, [vers 1915-1920]
Photographie noir et blanc
fonds Sadie Arbuckle
Code de référence : F 848
Archives publiques de l'Ontario, I0050260


Bobs occupera une place prépondérante dans le reste de la correspondance : Sadie racontera ses progrès concernant son comportement et Harry offrira des conseils de dressage. De temps en temps, le chien ajoute son grain de sel : (« Regarde maintenant mon beau papier tout neuf. Bob vient de le mordiller et court dans le corridor sans le lâcher. J’ai réussi à le reprendre avant qu’il ne soit trop tard. »)

Une fois de retour au camp en janvier 1916, Harry fournit à Sadie des précisions sur le régime d’entraînement et l’état d’esprit de ses camarades. Il explique que certains hommes sont de moins en moins enthousiastes à l’approche du départ.



« Nous nous réveillons à l’appel du clairon. En fait, presque toutes nos actions, comme les repas, l’extinction des lumières, le réveil, la première sonnerie ainsi que la dernière, la retraite, la formation des rangs et ce genre de choses, sont annoncées par notre clairon. »

letter dated 13 Jan 1916


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De gauche à droite: les lieutenants [GS] Coward, Bertrand, et Harry Mason, de la compagnie «C», 80th Overseas Battallion, Corps expéditionnaire canadien (CEC), à Napanee, Ontario, le 23 janvier 1916
Photographie noir et blanc
fonds Sadie Arbuckle
Code de référence : F 848
Archives publiques de l'Ontario, I0050210
Soldiers of the “C” Company, 80th Overseas Battalion,<br /> Canadian Expeditionary Force (C.E.F.) training in front of the town hall in Napanee, Ontario, [ca. 1914-1917]
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Soldiers of the “C” Company, 80th Overseas Battalion,
Canadian Expeditionary Force (C.E.F.) training in front
of the town hall in Napanee, Ontario, [ca. 1914-1917]
photo noir et blanc
fonds Sadie Arbuckle
Code de référence : F 848
Archives publiques de l'Ontario, I0050195

" « Nous avons quelques petits ennuis avec certains hommes. Ils deviennent nerveux à l’idée de traverser l’océan et quelques-uns (seulement quelques-uns, heureusement) ont tenté de déserter. Parmi eux se trouvent des hommes plus âgés et plus endurcis dans la Compagnie aussi. La perspective du départ doit être pénible pour eux, cependant, s’ils ont peur d’affronter ce que leur réserve 1916… » "

Harry, 2 Jan 1916

" « Dommage pour vos hommes qui désertent, n’est-ce pas? Pauvres gars. Par moments, il est difficile de les blâmer pour de telles pensées, mais je suppose qu’ils doivent aller jusqu’au bout s’ils se sont embarqués. Je ne devrais peut-être pas dire cela. Je n’aimerais pas les voir reculer, mais leur départ apparaît aussi terrible. Voilà, j’en ai dit beaucoup, mais cela ne mène pas à grand-chose, je crois… » "

Sadie, mardi soir [4 janvier 1916]



« Au sujet des déserteurs, Sadie, nous n’avons eu à envoyer une escorte que pour un homme. Les autres sont revenus de leur gré, à l’exception de deux d’entre eux. J’imagine qu’ils voulaient simplement s’offrir une permission avant que nous ne traversions. Et 99 p. 100 d’entre eux semblent maintenant plus nerveux encore de partir au loin... »

Harry, le 6 janvier 1916



Tout au long de la correspondance, Harry exprime clairement son opinion : les hommes capables de s’enrôler doivent le faire. Et Sadie revient souvent sur ses idéaux.


« J’arrive de l’une des répétitions de notre pièce. Nous n’étions pas très nombreux ce soir. Six des garçons qui en faisaient partie se sont enrôlés. Je peux t’entendre dire d’ici “Bien”. »

Sadie, le 8 janvier 1916



graphic of speaker

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« Je suis plus convaincu que jamais que tout Canadien désireux de rester un sujet britannique et aspirant à une liberté durable pour les êtres qui lui sont chers doit s’enrôler et saisir la chance d’accompagner d’autres Britanniques. On ne peut se rendre compte au pays de la gravité de la situation et comprendre pourquoi cette guerre sera plus longue et beaucoup plus amère qu’elle ne s’annonçait. Le Canada devra recourir à la conscription pour fournir à l’Angleterre les renforts dont elle a besoin. Nous ne pouvons perdre cette guerre... »

Harry [1916]



En février 1916, le 80e Bataillon apprend qu’il sera déployé en Angleterre. Harry et ses camarades accueillent la nouvelle dans la liesse, mais Sadie est inquiète.

Your King and country need you, enlist now, [entre 1914 et 1918]
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Your King and country need you, enlist now,
[entre 1914 et 1918]
Affiche couleur
Collection d’affiches des Archives publiques de l’Ontario
Code de référence : C 233-2-8-0-148
Archives publiques de l'Ontario, I0016896
Lieutenant GS Coward et le lieutenant Harry D. Mason [à droite], la compagnie «C», 80th Overseas Battallion, Corps expéditionnaire canadien (CEC), [vers 1916]
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Lieutenant GS Coward et le lieutenant Harry D. Mason
[à droite], la compagnie «C», 80th Overseas Battallion,
Corps expéditionnaire canadien (CEC), [vers 1916]
Photographie noir et blanc
Fonds Sadie Arbuckle
Code de référence : F 848
Archives publiques de l'Ontario, I0050213

« Nous avons été officiellement informés par Ottawa que nous faisons partie des vingt bataillons choisis pour l’outremer, et nous partirons peu après les quatorze premiers. Ma chère, nous verrons sans doute les tranchées vers le début de l’été… Les hommes se réjouissent déjà… »

Harry, le 18 février 1916


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« Tu sais maintenant que tu partiras très bientôt, cela ne te paraît-il pas effrayant? Je connais déjà ta réponse : c’est pour ça que nous sommes là. J’espérais sans doute que cela serait fini avant que tu n’y arrives. Ce n’est pas le cas si tu dois partir. Ce sera peut-être dur – qui sait? Mais tu as si hâte d’être vraiment au combat. Il faut bien satisfaire ce souhait et partir. »

Sadie, « Dimanche après-midi » [20 février 1916]


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Après l’annonce, Harry est envoyé à Belleville, puis à Montréal, pour parfaire son entraînement. Il est en mesure, durant cette période, de rencontrer Sadie à Toronto à quelques reprises. Il lui rend visite une dernière fois en avril 1916. Sadie n’a pas encore déclaré son amour à Harry, mais leurs nouvelles fréquentations rendent leur séparation prochaine encore plus imminente, pour tous deux.

« Harry, je ne me comprends plus depuis ton départ. Je ne peux retenir mes larmes depuis hier. Peut-être un sentiment de solitude… »

Sadie, le 12 avril 1916

« Ma bonne amie, je me demande si je reverrai ton doux visage, si je pourrai te serrer tout contre moi et t’embrasser. Le départ me sera difficile… Ne m’aime pas, ma chérie, non, je t’en prie Sadie, pas encore... »

Harry, le 24 avril 1916



« J’ignore ce que je ressens exactement Harry, mais je sais une chose : je veux que tu reviennes... »

Sadie, le 26 avril 1916



Le 16 mai 1916, Harry quitte le pays pour l’Angleterre à bord du RMS Baltic. Un mois plus tard, il célèbre son 24e anniversaire.