Photographie: Daniel G. Hill en uniforme de la deuxième guerre mondiale avec l’inscription, To a Swell Mother, Buddy

Comme son père l’avait fait durant la Première Guerre mondiale, Daniel Hill III c’est joint à l’armée durant la Deuxième Guerre mondiale. Voici quelques extraits des lettres qu’il a écrit à ses parents durant son service dans les camps de l’armée américaine lors de ce conflit.

Ces lettres montrent le jeune Daniel Hill III apprenant le bombardement de Pearl Harbour son enrôlement dans l’armée américaine pendant la Seconde guerre mondiale, ses tentatives infructueuses lors de la formation d’officiers et ses difficultés dans le climat oppressant et ségrégé de la vie militaire.


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Daniel G. Hill en uniforme de la deuxième
guerre mondiale avec l’inscription,
"To a Swell Mother, Buddy"
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-9-2-13
Archives publiques de l'Ontario, I0027958

Lettre de Daniel G. Hill à son père, le 7 décembre, 1941
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Lettre de Daniel G. Hill à son père,
le 7 décembre, 1941
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario

Le 7 décembre 1941

Cher père,

Alors que j’écoutais la radio avec mon ami Wesley Jawes, j’ai entendu la nouvelle bouleversante du bombardement de Pearl Harbour à Hawaï et d’autres bases militaires américaines. Cette nouvelle m’a renversé et je ne m’y attendais absolument pas. Attends, je viens d’entendre une déclaration de guerre ouverte par le Japon contre les États-Unis et l’Angleterre. Wesley et moi somme assez inquiets. Cette situation est trop près de chez nous et de ceux que j’aime […]

Extrait d’une lettre de Daniel G. Hill
à son père, le 7 décembre, 1941
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario


Lettre de Daniel G. Hill à sa mère et à son père, le 28 février, 1943
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Lettre de Daniel G. Hill à sa mère
et à son père, le 28 février, 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario

Le 28 février 1943
Fort Sill, Oklahoma

Chers maman et papa,

[. . .]L’armée me change d’une certaine façon. Je ne suis plus individualiste, je commence à me rendre compte que je fais partie d’un groupe. Le fait de vivre, de manger, de dormir et d’apprendre à me battre aux côtés de mes compagnons m’a permis de me rendre compte que lorsque je fais quelque chose d’incorrect, le groupe en subit les conséquences tout comme moi. Lorsque moi, et tous les autres, faisons ce qui est bien et que nous nous efforçons de progresser, le groupe progresse. Ne pensez pas que je deviens communiste, mais lisez le livre d’Hemingway intitulé Pour qui sonne le glas et vous comprendrez comment je me sens. Les gars de cette batterie sont supposés avoir un niveau mental plus élevé que les autres parce que nous sommes une batterie de spécialistes. Ce sont des gars tout à fait bien qui me font rire tout le temps avec leurs farces et leurs chansons.

Extrait d’une lettre de Daniel G. Hill à sa
mère et à son père, le 28 février, 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario

Extrait d’une lettre de Daniel G. Hill à sa mère, envoyée de Fort Sills, Oklahoma le 25 avril 1943:

Letter from Daniel G. Hill to mother, April 25, 1943
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Lettre de Daniel G. Hill III à
Mary Edwards Hill, 25 avril 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario

Le 25 avril 1943
Fort Sill, Oklahoma

Chère maman,

Joyeuses Pâques [. . .]
[…] Il fait beau ici aujourd’hui. Il fait environ 85 degrés et cela me rend paresseux. Peut-être que je me sens ainsi à cause de l’immense dîner que j’ai mangé : cinq côtelettes de porc, des patates sucrées, une salade aux ananas, des petits pains (6), des pois, des carottes, de la sauce, de la limonade, des feuilles de moutarde et trois morceaux de tarte aux pommes, tout ça offert par le gouvernement. Toutefois, l’effet psychologique n’était pas là. Peu importe à quel point le repas était bon, l’atmosphère de la maison n’y était pas. J’aurais préféré avoir mon repas de Pâques à la maison plus que nulle part ailleurs. Beaucoup de mes compagnons n’ont pas de bonnes manières à la table, ils me rappellent une horde de hyènes et de barbares. Il semble que l’armée ne peut pas établir de discipline dans sa salle à manger […]

Extrait d’une lettre de Daniel G. Hill III à
Mary Edwards Hill, 25 avril 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario

Letter from Daniel G. Hill to mother, May 9, 1943
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Lettre de Daniel G. Hill III à
Mary Edwards Hill, 9 mai 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario



Fort Sill, Oklahoma
Le 9 mai 1943

Dear Mother,

[…] Malheur aux nègres hypocrites et à deux faces qui ont tenté de vous arrêter, mais qui n’ont pas réussi et qui ne réussiront jamais, car on le dit dans l’armée, lorsqu’une personne est convaincue, on ne peut pas l’arrêter. Les nègres jaloux, égoïstes et dénigreurs font tort à leur race et à la société […] J’ai passé un examen d’entrée en artillerie à l’école des aspirants-officiers et je l’ai réussi. Deux garçons blancs et trois garçons de couleur ont passé l’examen. Il n’y en a que trois qui ont réussi, et je suis l’un d’eux. Il faudra peut-être des semaines, voire même des mois avant que je puisse avoir la chance d’y aller, mais maintenant je suis admissible. Le temps et la chance nous le diront vite. De toute façon, je ne m’arrêterai à rien de moins qu’une paire d’agrafes. L’artillerie est une phase très mathématique et technique de la guerre. Toutefois, aussi jeune et fou que je puisse l’être, j’essaierai et je ferai n’importe quoi au moins une fois. Cela n’arrivera peut-être jamais, mais je veux des galons (qui indiquent le grade de l’officier) avant d’avoir vingt ans. Mon but est d’être appelé lieutenant D.G.H. III à l’âge de dix-neuf ans. Si l’artillerie est un élément trop difficile du service à pénétrer, j’essaierai la cavalerie car j’aime les chevaux.

Extrait d’une lettre de Daniel G. Hill III à
Mary Edwards Hill, 9 mai 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario

Lettre de Daniel G. Hill à sa mère, le 21 juin, 1943, Page 1
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Lettre de Daniel G. Hill à sa mère, le 21 juin, 1943, Page 2
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Lettre de Daniel G. Hill à sa mère, le 21 juin, 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario

Fort Sill, Oklahoma
Le 21 juin 1943

Dear Mom,

Mon Dieu que j’étais heureux de recevoir cette belle photo de vous. Vous semblez conserver votre beauté de façon étonnante. J’ai montré la photo à mon compagnon Duke et il a dit exactement ce qui suit, et je cite : « Je ne vois pas comment ta mère peut être aussi jeune et belle alors que tu as l’air d’une vraie brute » (rires). Je garde la photo dans mon portefeuille, à côté de la pièce de dix sous que père m’a donnée et qu’il avait sur lui pendant la dernière guerre. La pièce de dix sous avec votre prénom et celui de papa de chaque côté. Des petites choses comme ça ont une valeur inestimable pour moi et me rappellent de bon souvenirs, des choses qui font que la vie vaut la peine d’être vécue […]

[…] Avez-vous lu à propos des émeutes raciales qui se propagent partout au pays. Les émeutes atteignent maintenant les camps militaires. Il semble que les nègres ne toléreront plus les préjugés. Je suis avec eux et je préférerais rester au pays et nous débarrasser des idiots que nous avons ici plutôt que d’aller outre-mer.

Votre fils dévoué,

Buddy

Extrait d’une lettre de Daniel G. Hill III à
Mary Edwards Hill, 21 juin 1943
Fonds Daniel G. Hill
Code de référence : F 2130-1-0-2
Archives publiques de l'Ontario



"Tu n’es pas fait pour ce pays"

Daniel Hill III a fait quelque chose que peu d’Américains de sa génération ont fait. Après avoir servi dans l’armée américaine où il y avait beaucoup de ségrégation pendant la Seconde guerre mondiale, avoir reçu son diplôme de l’université Howard et avoir étudié pendant un an à l’université d’Oslo en Norvège, il a décidé qu’il n’était pas fait pour vivre aux États-Unis.

Il ne pouvait accepter les modèles établis de ségrégation raciale dans son pays et il a trouvé la situation encore plus intolérable après avoir vécu un an à Oslo où il était libre de circuler et de s’associer avec les gens comme bon lui semblait.

Daniel Hill III avait l’habitude de dire à ses enfants qu’un jour, lorsqu’il était jeune homme, son père l’avait pris à part pour une discussion à cœur ouvert et lui a dit : « mon fils, tu n’es pas fait pour ce pays ».

Cela a dû être extrêmement difficile pour Daniel Hill II de dire ces mots car il aimait profondément son fils et avait toujours été près de lui.