La guerre de 1812 : La préparation d’une exposition virtuelle - bannière

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Trésors et trouvailles; énigmes déchiffrées

Lettre La recherche n’est pas toujours le processus direct et un peu mécanique qu’on se plaît parfois à imaginer. Elle peut comporter de grandes surprises et bien des déceptions. Il y a aussi parfois l’occasion d’élucider de petits « mystères ». Voici l’histoire d’une surprise, d’un mystère résolu et de certaines déceptions qui sont advenus aux archivistes conservateurs de l’exposition sur la guerre de 1812.


Découverte du Plan du fort Détroit, daté du 26 janvier 1812

La découverte de ce plan, fruit du plus pur hasard, est survenue vers la fin de la recherche, assez tard dans l’élaboration de l’exposition. L’instrument de recherche consulté indiquait que les Archives possédaient un seul exemplaire du plan du fort; par conséquent, personne n’a songé à examiner le contenu de la boîte où ce plan était entreposé. Ce n'est que des mois après, en essayant de confirmer l’emplacement d’un autre document, que l’une des archivistes-conservateurs a soudain remarqué que la boîte renfermait deux enveloppes, aux titres analogues.

Aquarelle : Plan du fort Détroit, 26 janvier 1812

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Plan du fort Détroit, 26 janvier 1812
Anonyme
Collection mixte
Aquarelle
Code de référence : F 775, MU 2102
Archives publiques de l'Ontario

Une première enveloppe portait le titre « Articles of the Capitulation of Fort Détroit, Aug. 16, 1812 », tandis que le titre de la seconde commençait par le mot « Original ». Curieuse, elle décide d’ouvrir l’enveloppe, et c’est là que le plan a été découvert. Les coloris et l’exécution du plan ont immédiatement suscité un vif intérêt, mais c’est lorsqu’on a essayé de déterminer sa provenance que le document est apparu sous son jour le plus fascinant.

La date du plan signifie sans aucun doute qu’il provenait de l’armée américaine, car elle est antérieure à la déclaration de la guerre. À ce moment-là, le fort se trouvait en territoire américain. De plus, l’accent mis sur l’état du fort dans les notes suggérait que le document avait été préparé en anticipation de la déclaration de guerre par un officier du génie de l’armée américaine. Selon les notes, on avait inspecté les fortifications afin de déterminer leur état et leur aptitude à soutenir un siège. Un mot trouvé dans l’enveloppe suggère que ces documents auraient été remis au général Isaac Brock par le général américain Hull lors de la capitulation de Détroit, le 16 août 1812. L’authenticité de ce mot est quelque peu ternie par l’impossibilité de connaître son auteur ou sa date de rédaction, mais une explication partielle de la présence du plan dans les archives ontariennes demeure plausible.

Note du bas - « Ne connaissant pas les dimensions des différentes parties de l’ouvrage, il a été impossible d’en faire le levé selon une échelle quelconque. Il est à espérer, toutefois, que le plan suffise à donner un aperçu général de sa capacité de résistance et de la portée de ses canons.»

Note jointe - « Toutes les plates-formes sont neuves, comme les pieux de la tranchée et du fossé de pied de l’escarpement. »

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Lettre d’Archibald McLean, datée du 15 octobre 1812

Cette lettre ne porte pas d’adresse ni de signature, aussi sa provenance est-elle incertaine. L’examen du texte a permis de déterminer l’auteur probable, Archibald McLean. La lettre comprend le passage suivant :

« W. McDonell a alors quitté M. Cameron et est arrivé seul, à la course, là où je me trouvais - puis, il m’a crié "Archy, à l’aide!". Je lui ai immédiatement tendu mon bras et, quelques pas plus loin, dans le sifflement des balles tout autour, j’ai été atteint à la cuisse.»

Extrait d'une lettre originale d'Archibald McLean à un inconnu, 15 octobre 1812

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Pages 1 et 4 (399ko) et Pages 2 et 3 (432ko)
Extrait d'une lettre originale d'Archibald McLean à un inconnu, 15 octobre 1812
Fonds Ferdinand Brock Tupper
Code de référence : F 1081, boîte MU 3027
Archives publiques de l'Ontario

En examinant le rapport du général Sheaffe sur la bataille, on a constaté que le seul officier de milice blessé à Queenston Heights à qui pouvait s’appliquer le surnom « Archy » était Archibald McLean, de la milice de York. Nous ne savons toujours pas à qui il adressait sa lettre (parent, officier supérieur?), mais l’identification de l’auteur ajoute à l’authenticité.

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Les difficults de reprsentation des personnes et des lieux

L’un des défis associés à la préparation de l’exposition sur la guerre de 1812 a été la recherche d’images représentant les habitants du Haut-Canada à l’époque de la guerre. La technique de la photographie n’a été inventée que longtemps [40 ou 50 ans?] après la fin de la guerre. De plus, rares étaient les gens qui avaient le temps ou l’envie de noter ou d’illustrer ce qui se passait dans leur entourage pendant les troubles. En ce qui concerne la première partie du dix-neuvième siècle, nous sommes en grande partie tributaires des écrits et des œuvres d’inspiration historique, telles que celles de C. W. Jefferys, pour la description des lieux et choses, de leur apparence et du climat ambiant. Par exemple, l’exposition tire parti d’un grand nombre de lettres extraites de la correspondance familiale de Thomas G. Ridout, en particulier de celles de Thomas G. Ridout à son père, qui vivait à York, et à son frère George. Mais c’est en vain qu’on a cherché une effigie de Thomas G. Ridout dans les fonds des Archives publiques de l’Ontario. Les recherches se sont également révélées infructueuses touchant Ely Playter, Joel Stone et Nathan Ford.

Par bonheur, nos collections abondent en œuvres d’art documentaire, de la main d’artistes tels qu’ Elizabeth Simcoe, Thomas Burrowes et autres. Les œuvres de ces artistes ne sont pas tout à fait contemporaines de la guerre, mais ces derniers ont su capter l’essence des apparences qu’affichait le Haut­Canada des débuts du dix-neuvième siècle. Ces œuvres injectent couleur et perspective à l’exposition. Petit trait ironique : nous ne possédons pas de portraits ni de Mme Simcoe ni de M. Burrowes.

   
huile sur toile : Laura Secord, 1904

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Laura Secord, 1904
Mildred Peel
huile sur toile
Collection d'œuvres d'art du
gouvernement de l'Ontario, 619796

Laura Secord s’est éteinte à l’âge de 93 ans, le 17 octobre 1868. Son portrait par Mildred Peel a été exécuté de longues années après son décès, tout comme ceux de Brock et de Drummond par Berthon. L’examen de la toile aux rayons X révèle, en couche sous-jacente, le portrait du premier ministre George Ross. Cette curiosité a été montée en épingle par les journaux en 1936. Une fois le calme revenu, le portrait de Secord, qui avait été exposé en façade de l’Assemblée législative depuis 1905, a été entreposé et est tombé dans l’oubli, pour n’être redécouvert qu’en 1978.

huile sur toile : Laura Secord, 1904 [détail]

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Laura Secord, 1904 [détail]
Mildred Peel
huile sur toile
Collection d'œuvres d'art du
gouvernement de l'Ontario, 619796

huile sur toile : Laura Secord, 1904 [détail au rayon]

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Laura Secord, 1904 [détail au rayon]
Mildred Peel
huile sur toile
Collection d'œuvres d'art du
gouvernement de l'Ontario, 619796

Dans l’image aux rayons X de droite, on discerne encore le contour de la coiffure de Laura et le drapé de son fichu.

Nous sommes redevables à Fern Bayer de ses recherches méticuleuses sur l’histoire de la Collection d’œuvres d’art du gouvernement de l’Ontario. L’ouvrage The Ontario Art Collection (Toronto, Fitzhenry and Whiteside) est la source de la plupart des renseignements donnés ici.

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La mise en place

Lettre U ne fois munis de la liste de documents présélectionnés, les conservateurs doivent établir le canevas de l’exposition et déterminer les points et documents à faire ressortir. Seules les images et citations qui sont percutantes et pertinentes pour la visée de l’exposition entreront dans la composition du produit final. Entre la sélection des documents et leur publication sous forme de page Web, plusieurs étapes interviennent, dont les mesures de conservation, la photographie des documents fragiles ou de grande dimension et leur numérisation.

Cependant, à elles seules, les images et citations ne suffisent pas à étoffer la présentation. Il faut encore une information contextuelle pour comprendre l’importance ou le caractère original des documents choisis. La rédaction, la révision et la relecture des textes didactiques est un processus de longue main, qui exige des commentaires de la part d’experts du domaine et de membres de l’éventuel public.

La dernière étape avant l’ouverture consiste en la disposition ou mise en forme des documents et des panneaux didactiques, en soi tout un processus créatif. Dès la conception et en passant par la mise à l’essai et l’enregistrement de bandes sonores, l’objectif est toujours de composer une exposition visuellement attrayante, propice à l’appréciation du contenu. Ce travail ne peut être mené à bien dans l’isolement et exige une étroite collaboration entre conservateurs, concepteurs et webmestres.

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