Anne Langton, dame de bonne famille, pionnière et artiste : Les jeunes années - bannière

Table des matières


Anne Langton est née en 1804 dans une famille aristocratique à Farfield Hall, dans la région vallonnée du Yorkshire. Elle passa ses onze premières années à Blythe Hall, un élégant manoir dans le Lancashire rural.

Tout comme ses frères William et John, elle fut instruite à la maison par ses parents, Thomas et Ellen, ainsi que par des tuteurs privés, et élevée selon les normes aristocratiques de son époque. Ces normes comprenaient une nouvelle notion culturelle et sociale, celui de la « dame de bonne famille », un « code » non officiel régissant le comportement des femmes des classes moyennes et supérieures.

Farfield [Hall, North Yorkshire], [vers 1834]

Cliquer pour un agrandissement (70ko)
Farfield [Hall, North Yorkshire], [vers 1834]
Anne Langton
Mine de plomb sur vélin crème
Code de référence : F 1077-9-1-19-3
Archives publiques de l'Ontario, I0008470


Ce serait certes une simplification que de prétendre que tous les membres des classes supérieures et aristocratiques respectaient ce code de la même façon. Toutefois, il était généralement admis que certaines caractéristiques définissaient la nature, les comportements et les rôles « masculins » et « féminins ». Une dame de bonne famille était généreuse, modeste, passive, digne et dépendante. Son homologue masculin était « naturellement » actif, assuré, ambitieux et épanoui. Quant à la pratique de l’art, le sexe de l’artiste jouait souvent un rôle déterminant dans le choix du genre, de l’envergure, du médium, du soutien et du public visé. Les hommes travaillaient le plus souvent dans des genres importantes sur le plan social, soit des sujets historiques, des portraits de grande taille et des huiles sur toile, et ils produisaient des œuvres devant être exposées et mises en vente.

Pour leur part, les femmes étaient le plus souvent reléguées aux œuvres de taille réduite, dans les soi-disant genres « féminins » du portrait en miniature, des études de fleurs, des natures mortes et des paysages sur papier (au crayon, à la plume ou à l’aquarelle). Leur équipement était donc moins « malpropre » et plus facile à transporter que les chevalets, les peintures à l’huile et les grands carnets de dessin.

La vie et l’expression artistique d’Anne Langton ont surtout suivi ce cours « féminin » sous-entendu.


Anne et ses frères passèrent une enfance idyllique à Blythe Hall, un manoir de campagne remontant en partie au 12e siècle.

Blythe Hall devint la résidence « idéalisée » de la famille, le lieu affectif par excellence que la famille tentera, au fil de ses déménagements, de retrouver et même de recréer physiquement dans une certaine mesure lorsqu’elle viendra s’établir au Haut-Canada, de nombreuses années plus tard. Cette image est une esquisse datée le 2 septembre 1834.

Blythe Hall, Lancashire England, 1834

Cliquer pour un agrandissement (62ko)
Blythe Hall, Lancashire England, 1834
Anne Langton
Mine de plomb sur vélin crème
Code de référence : F 1077-9-1-19-1
Archives publiques de l'Ontario, I0008468

« J’ai beaucoup entendu parler de notre première année [à Blythe Hall], qui a dû être des plus désagréables… La maison… était dans un état délabré, rempli de pourriture sèche et d’autres types de détérioration. Il a fallu reposer tous les planchers, mes parents devant migrer d’une pièce à l’autre pendant qu’on les remettait dans un état habitable. On aurait cru la tâche impossible… Finalement, il faut bien dire qu’ils ont réussi à merveille, puisqu’on ne trouvera pas maison plus agréable et accueillante. »

Anne Langton
(SOF, 4)


Cliquer ici pour un enregistrement sonore dela citation en format wav (655ko) ou aif (655ko).


En 1815, alors qu’Anne avait onze ans, la vie idyllique à Blythe prit fin lorsque son père Thomas emmena sa famille faire un « tour de l’Europe » de longue durée pour compléter l’éducation des enfants en les exposant aux arts, aux langues, aux littératures et aux voyages à l’étranger.